DU DOGME DE LA. RÉSURRECTION DES CORPS
bles de la mort que pour se relever de nouveau^ que pour ressusciter.
La philosophie chrétienne ne s'en est pas tenue là, touchant la démonstration, par le raisonnement, de ce dogme magnifique, sublime, de la foi, de ce dogme qui complète, qui couronne, qui confirme tous les dogmes du christianisme; mais, en partant toujours des principes qui constituent l'essence et la nature de l'homme, elle a plus encore victorieusement démontré par le raisonnement que , loin que la caducité du corps puisse impliquer dans sa chute l'immortalité de l'âme, l'immortalité de l'âme relèvera la caducité du corps et l'enveloppera dans l'éternité de sa durée.
En partant du principe de la vraie psychologie, qui est, lui aussi, un dogme de foi : « Que l'âme intellective est par son es- « sence la forme substantielle du corps humain,» saint Thomas s'est ainsi exprimé : « L'âme est immortelle ; elle survit et survivra toujours au corps dont elle a été la forme substantielle. Si donc le corps ne ressuscitait pas, l'âme resterait pour toujours séparée de sa matière à elle, de la matière qui lui appartient par essence, de la matière à laquelle elle avait été substantiellement unie. Or il est contraire aux lois de l'ordre naturel qunne forme toujours subsistante soit privée à jamais de la matière avec laquelle elle ne forma qu'un suppôt, un individu essentiellement UN. Il est donc contre les lois de l'ordre naturel que l'âme soit perpétuellement séparée de son corps. Or rien de ce qui est contraire aux lois naturelles ne saurait durer toujours. Donc l'âme humaine ne restera pas toujours séparée de son corps; donc elle reprendra un jour son corps; donc tous les corps ayant appartenu à des âmes intellectives, à des formes essentiellement subsistantes par elles-mêmes, et naturellement iramortelles, doivent de toute nécessité se réunir un jour à ces âmes, doivent ressusciter (1). »
(1) « Anima humana inimortalis est. Remanet igitur post corpus, a corpore « so'.uta. Maoifëstum est autem quod anima corpori naturaliter iinitiir; est « enim , secundum suam essentiam, corporis forma. Est igitur contra natu- « ram, aniraam absque corpore esse. Nihil autem quod est contra naturam , « potest esse perpeluum. Non igitur perpétue anima absque corpore ent{Contr. « Gentil,, lib. IV, c. 79). »