‹ La philosophie chrétienneChapitre 224 sur 249 · DEUX AUTRES ABGUMENTS PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

DEUX AUTRES ABGUMENTS PHILOSOPHIQUES

corps en fut aussi troublé. Comme l'âme perdit la grâce sanctifiante qui lui avait été divinement infusée, et qui l'élevait jusqu'à la hauteur de Dieu ; ainsi le corps perdit, lui aussi, le privilège qui lui avait été exceptionnellement accordé d'échapper à la corruption, à la dissolution commune à tous les autres corps, qui le plaçait au niveau de 1 ame, et lui faisait partager la condition de son immortalité: et la mort s'ensuivit.

« A bien considérer donc la nature humaine dans son institution primitive, la mort n'est pas la condition naturelle de l'homme, elle n'est survenue q\\\' accidentellement à l'homme; elle n'est, à son tour, qu'une chose exceptionnelle, un accident, par lequel doit passer l'homme, en punition de sa faute (1).

« Or un pareil accidents été aboli par Jésus-Christ; il a, par le mérite de sa passion et de sa mort, détruit notre mort, ayant, par sa vertu divine, rendu au corps le privilège primitif de son incorruption par lequel il sera un jour rappelé à une vie nouvelle qui ne sera plus sujette à la mort (2) . »

La résurrection des morts sera donc un miracle , et le plus grand des miracles, après celui de la création ; mais ce ne sera un miracle, ajoute saint Thomas, que par rapport à sa cause efficiente, au principe actif qui l'opérera directement, et qui seul peut l'opérer, savoir la puissance de Dieu. Mais, quant à sa cause finale, à son but, la résurrection ne sera pas plus un miracle que la germination d'une plante de sa semence ; elle ne sera pas un événement en dehors des lois de l'ordre naturel : ce sera, au contraire, la chose la plus simple, la plus naturelle, la plus conforme aux conditions primitives de la nature humaine; car rien n'est plus naturel que la réunion d'une forme immortelle, l'âme, à sa matière propre, à l'ancien compagnon de ses opérations, le

(I) « Animae igitur, praeter ordinem suae naturae, a Deo aversae, subtracta « est disposilio, quœ ejus corpori divinitus indita erat , ut sibi propottionaliler « responderet; et sequuta est Mors. Est igitur Mors, quasi per accidenx, su- « peivenicns iiomini, per peccatum, consideratà institutionc uatuia- huniamu « (Contr. Gentil. ,[ib. iv, c. 81). »

(î) « Hoc autcm acciJens sublatuin est per (hristum, qui, nierilo suse Pas- " sionis , martem nostram inorieudo destruxit. E\ hoc igitur consequitiir : « quod divina viriute, quae corpori incorruptioaem dederat, iterato corpus ad « vitani reparotiir {Ibid.). »

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