EN FAVEUR DU DOGME DE LA KÉSUDRECTIOX
souverain de tous ces êtres, qui meurent pour revivre, toi seul sois condamné à mourir à jamais (1) ? »
Saint Cyrille de Jérusalem, insistant sur le même argument, parlait ainsi aux philosophes païens: « Si, étant Gentils, vous ne voulez pas croire au dogme de la résurrection sur le témoignage des Livres saints, croyez-y au moins sur le témoignage de ce qui se passe dans la nature. Voyez ce qui arrive lorsqu'on sème le blé. En tombant sur la terre il meurt, il pourrit, de manière qu'il n'est plus bon à manger; mais, quelque temps après, le voilà se relevant de sa chute, surgissant plus fier de sapourriture, sortant plus beau de sa difformité. Or les froments ne viennent pas pour eux-mêmes, mais pour l'usage de l'homme. Si donc ces choses, qui ne se produisent que pour l'homme, revivent après leur mort, comment pouvez-vous concevoir que l'iiomme même, pour lequel naissent toutes ces choses, meure sans ressusciter? L'arbre coupé fleurit de nouveau. Comment donc l'homme, abattu par la mort, ne se relèverait-il pas de nouveau (2)? »
Il est donc évident que la destruction perpétuelle de l'homme serait un faux accord, une dissonance, un désordre dans l'ordre universel; et que, si l'homme ne devait pas un jour ressusciter tout entier, cet ordre serait compromis, défectueux , imparfait, par rapport à la partie plus noble, à la série des êtres pour lesquels il existe. Au contraire, par sa résurrection, l'homme se
(1) « Signatum est per ipsum humanae resurrectionis exemplum in testimo- « niiim nobis. Lux quotidie interfecta, resplendit; et tenebrîe, pari vice de- « cedendo, succediint. Sideiadefuncta reviviscjiif. Ttinpora, ubi fiuiuiitur.iiici- « piunt. Fruclus consumuntur, et rcdeunt. Cerfa serniiia, nonnisi corrupta et « dissoluta, t'tecundius surgunt. Oinnia pereundo servantur; omuia de intiritu « refonnaufur. Tu bomo, taatum nonien, si intelligas te, vel dominus omnium « mortalium et resuig-^utium, ad bocmorieris, ul pereas (Apolog., xlviiI;?»
{2j « Si non ciedis liis quae de resurrectioiie script:» sunt, geiitilis exsistens, e\ n rerum nalura id perspice. Semiiiaiur frumentum; cadens moritur, et quasi « puliescit, fitque omnino ineptum ad cibum; sed mox illud putridum fit lier- «bidum, et exile cadens surgit pu'.cli.uin. Frumentum aute:u fit proj)ter nos, « neque enim frumeuta simt propter seipsa. Si ngo isia, qua^ propter i.o.i « nascuntnr, mortua, reùviscunt, nosvero, quorum causa et illa nata suiit, « mortui, an non exciabimur? Arbor excisa rursum Itoret; bomo anteni exfisus « non florel)it {Calecfies., wiii, n° 3) ? »
son § 142. LA RÉSIÎBRFXTION DE L'HOMME
trouvera rétabli en parfaite harmonie non-seulement avec luimême, mais encore avec tout ce qui aura existé autour de lui et au-dessous de lui. l£n reprenant son corps, il reconquerra la place qui lui avait été assignée au commencement, d'être, dans sa double qualité d'esprit-corps, le trait d'union, le médiateur entre les esprits et les corps, comme l'HoMME-Dieu, son auguste Original, l'est entre l'homme et Dieu, et sera rétabli dans ses rapports primitifs, naturels, parfaits, avec le reste de la création.
Ce sera donc le dernier mot de cette Restauration universelle de toute la nature créée, que, d'après saint Paul, Dieu s'est proposé d'accomplir par Jésus-Christ: Inslaurare omnia in Christo [Eij/ies. I, 10). Ce sera la création reparaissant dans toute l'intégrité, dans toute la beauté, dans toute la perfection de son dessein primitif. Ce sera le complément de toutes les œuvres de Dieu, et le rétablissement de toutes les ineffables harmonies de l'univers.
En présence de ces démonstrations si nombreuses, si exactes, si sohdes et si éblouissantes de lumière, de grâce et de vérité, les quelques difficultés que l'esprit d'erreur ou l'ignorance soulèvent contre le dogme.de la résurrection s'évanouissent comme de légers nuages devant le soleil. Cependant notre lecteur nous saura gré de rappeler ici les réponses par lesquelles les philosophes du christianisme ont, depuis longtemps, fait justice de ces difficultés.
§ 142. Réponse à l'objection, contre le dogme de la résurrection, fondée sur la prétendue impossibilité que ce qui a pén renaisse. — La Toiite-puissance qui a créé l'homme du néant peut bien le faire être de nouveau ce qu'il a été. — Le prodige de la résurrection est moins grand que celui de la création. — Qui a fait ce qui est plus, peut bien faire ce qui est moins. Beaux passages des Pères sur ce sujet.
Plus d'une fois ri']criture sainte emploie des expressions qui, en nous révélant un dogme, nous en font aussi connaître l'économie, la raison et la cause. Voulez-vous savoir comment se fera la résurrection des morls? « Ce sera, nous répond Isaïe, la terre accouchant du genre humain tout entier, dans un seul et même jour, et l'enfantant de nouveau : Parluriel terra, in die