‹ La philosophie chrétienneChapitre 228 sur 249 · DAIÎS SES BAPPOKTS AVEC LA PUISSANCE DB DIEU · texte numérisé non relu

DAIÎS SES BAPPOKTS AVEC LA PUISSANCE DB DIEU

la mort et du vide du néant cet immense univers ;, et t'a animé par son esprit animateur ào. tout (1).

«Oh ! que Dieu est bien apte à refaire ce qu'il a fait! car faire est plus c\nQ refaire , donner l'être à la chose est plus que le lui rendre. Dieu ayant fait le plus, pourquoi ne pourrait-il faire le moins? 11 est donc entendu que la résurrection de la chair sera plus facile que sa création (2). »

Saint Jérôme argumentait de la même manière : « C'est à ne pas y croire, disait-il^ qu'on ne veuille pas reconnaître que le prodige qui rendra à l'homme une existence qu'il a eue une première fois, sera moins grand, plus facile, que le prodige qui lui donna une existence qu'il n'avait jamais eue (3). » Saint Augustin s'écriait, lui aussi: « Oui, oui, le prodige qui a créé tous les hommes est beaucoup plus étonnant que le prodige qui les fera tous ressusciter. Les hommes qui naissent tous les jours, et qui n'avaient jamais été, sont des miracles vivants, des miracles plus grands que le miracle qui les fera renaître après qu'ils auront été (4). »

Enfin saint Cyrille de Jérusalem, en prêchant sur le même sujet, a prononcé cet éloquent et remarquable morceau : «Nous tous, qui en ce moment nous trouvons ici, moi qui vous parle et vous qui m'écoutez, où étions-nous il y a cent ans ? Nous n'étions nulle part, nous n'étions point du tout. Qui, parmi nous, ignore l'économie de son existence? Qu'est-ce que le corps de l'homme au sein de sa mère? Au commencement, c'est un germe, un mélange de choses sans nom, un amas de matière informe, gros-

(1) 1 Dubitabit, credo, de Deiviribus qui tantum corpus hoc mundi de eo « quod non fuerat non minus quam de morte vacationis et inanitatis composuit « animatum, spiritu omnium animatore (Apolorjpf., xi.viii)?»)

(•>.) « Utiquc idoiieus est reficere qui fecit. Quanto plus est fecis;e quam "i refecisse; initium dédisse, quam reddidisse; ita redditionemcainis faciiiorem '< essecredas institutione {De Resurrect , xii). »

(3) « Multo minus est restituerc quod fuit, quam faceie quod non fuit (Epi- « stol. ad Pammach.).

(4) « Plus est liomines creare , quam resuscitare. Majora miracnla sunt ho- « mines quotidie nasci, qui non erant, quam resurgere, qui erant {De Civif. << Dei, lib. xxii). '<

§ 143. LA. BÉSUBBECTION DE L'HOMMK

sière, inerte. Eh bien, en y infusant l'âme, Dieu donne une forme à cette matière ; il la rend solide, et voilà des os; il l'amollit, et voilà de la chair; il Tamincil, et voilà de la peau; il la fond, et voilà du sang et des humeurs; il lui donne différentes propriétés, et la voilà étincelant de lumière par les yeux , odorant parles narines, entendant par les oreilles, parlant par la langue, opérant par les mains, marchant par les pieds, palpitant par le cœur. 11 la dispose enfin symétriquement en membres, si bien proportionnés, et sharmonisant si bien entre eux et avec le tout, et il en fait l'admirable et magnitique figure de l'homme. Or pourquoi le Dieu qui a tiré, de si ignobles éléments, une œuvre si parfaite, ne pourrait-il pas la relever après qu'elle sera tombée? Pourquoi Celui qui a fait exister ce qui n'était pas ne pourrait-il pas restaurer ce qui avait existé? Pourquoi enfin le Dieu qui, en créant le premier homme, changea en chair la poussière qui n'avait jamais été chair, ne pourrait-il pas faire redevenir chair la poussière qui autrefois a été chair (1)? »

§ 143. La seule objection sérieuse contre la vérité de la résurrection est que, le corps de l'homme ayant été détruit, Dieu peut bien lui donner un nouveau corps, mais non lui rendre son propre corps. — Explication de la profonde doctrine de saint Paul contre cette objection. — Le corps de l'homme est le seul corps que la mort n'anéantit pas. C'est du germe, qui est indestructible, que Dieu reformera le corps de l'homme, comme il forme l'arbre de la semence. — Comment ce corps, ainsi reformé, sera numériquement le même ancien corps de l'homme. — Résumé de la psychologie chrétienne.

« Mais de quelle matière sera-t-il formé , le corps de la résurrection? » nous demandent les adversaires de ce dogme. Et

(1) '< Ànte centum annos, nos omnes qui loquimur et audimus, ubi eramus? Annescimus constitutionis nostrae subsistetitiam ? Nescis quomodo e\ infirmis, rudibus et confusisrel)us generamur? Et e\ tam rudi infiriuaque materia formntur honio; et quoJ erat imbecillum, incarnatiiin, in robur ncrvoruin niutatur, et oculorum splendorera , et narinm odora'.um, et aurium auditum, et linguhin loquentem, et cor saliens, et nianiis opérantes, et pedes ciirrentes, in oniniinodain membronim >pecicm... Qui ex levibus ita nos fecil Deiis, num cadentes excitare non poteril.^ et qui non existens fecit ut esset, numquiii cadens non sublevabit? Pulvis in corpus mutatur, et caro lu c^rueni rursus non convertetur (Calèches., 48) ? »

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