‹ La philosophie chrétienneChapitre 234 sur 249 · EXCELLENCE DE LA MÉTHODE SCOLASTIQUE · texte numérisé non relu

EXCELLENCE DE LA MÉTHODE SCOLASTIQUE

« fuent définis pouvait seule enfanter, n'auraient pas ravi ladmi- « ration du monde (pag. 308). »

Il est vrai que le même auteur a dit aussi : « Avec les circons- « tances que nous venons de rappeler, l'utilité de la méthode « syllogistique devait en partie s'évanouir [Ibid.]. » Mais ce n'est que pour ménager la susceptibilité de l'orgueil de nos savants. Au moyen âge, toute l'Europe était catholique ; aujourd'hui l'hérésie se trouve en avoir conquis la moitié, et est bien près d'en envahir l'autre moitié. L'esprit d'erreur a pénétré partout , et, après avoir l'ait un nombre , inconnu aux siècles passés, d'apostats de la religion révélée , il vient de faire un nombre presque égal d'apostats même de la religion qu'on appelle naturelle, et, loin à' avoir disparu, les circonstances qui rendaient utile la méthode sijllogistique ont, au contraire, empiré au suprême degré. Par conséquent, l'utilité de cette méthode, on dirait plutôt la nécessité, est plus manifeste. En présence donc de tels faits , qui frappent l'esprit, aussi bien qu'ils navrent le cœur de tous les vrais amis de la science et de la vérité, M. Jourdain n'a pas pu dire sérieusement que les circonstances qui avaient rendu la méthode scolastique si nécessaire et si précieuse se sont évanouies, et son utilité avec elles. Aussi s'est-il hâté de rétracter ces paroles. Lisez plutôt : « Cependant , même de nos jours, cette méthode con- « serve encore assez d'importance pour n'être pas entièrement né- « gligée. N'avons-nous pas, même au siècle où nous vivons, bien « des idées flottantes à fixer, des erreurs à corriger, des sophis- « mes à résoudre ? Les doctrines sociales sont-elles si bien enrac( cinées dans les esprits qu'il soit désormais superflu de prétendre c< les confirmer ? Une plainte retentit de tous côtés ; on signale c( conmie un des traits et un des malheurs de notre temps le 0 désordre et l'incohérence des opinions. Je n'ai pas la naïveté « de croire (le ciel vous en préserve ! ) que la méthode scolasti- « que nous donnerait ce qui nous manque sous ce rapport. Me « trompé-je toutefois en estimant que la manière un peu lâche « de penser et de parler sur toute matière a pu contribuer au « vague des idées et à la mollesse des convictions ; que nous cor- (( Figerions une partie du mal si nous pratiquions davantage cette « méthode, qui ne sacrifie pas la pensée et la vérité aux ornements « du langage, qui veut des notions précises et des termes bien

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