‹ La philosophie chrétienneChapitre 244 sur 249 · ET LA BÉFOBME THÉOLOGIQUE DE LUTHER · texte numérisé non relu

ET LA BÉFOBME THÉOLOGIQUE DE LUTHER

OÙ l'on faisait encore les fortes études de la théologie scolastique, ont été grands, eux aussi, avant Luther, sans Luther, au grand dépit et au désespoir de Luther, et qu'ils ne doivent rien à Luther, si ce n'est que quelques-uns, parmi eux , ont partagé l'apostasie de Luther. De ces faits incontestables, il résulte évidemment que la voie dans laquelle marchait, et la méthode que suivait la science, avant Descartes, était la voie droite, la bonne méthode, puisque, en marchant dans cette voie, en suivant cette méthode, la science (M. Jourdain vient de nous l'assurer) était devenue claire, précise, sérieuse, solide, puissante, et avait atteint ces progrès que, depuis lors, elle n'a plus eus; et qu'une réforme de la philosophie , au dix-septième siècle , n'était pas plus nécessaire qu'une réforme de la théologie ne l'avait été au seizième siècle. Oser dire donc, comme le disent tous les rationalistes, que Descartes n'a été que l'instrument DE LA RÉ- FORME LA PLUS Nh^CESSARiE, touchant la méthode philosophique, est aussi téméraire et insolent qu'oser dire, comme le disent tous les protestants et tous les incrédules, que Luther n'a été que l'instrument DE LA RÉFORME LA PLUS NÉCES- SAIRE, touchant la méthode théologique.

La vérité de cette observation, qui jaillit si claire et si hmpide des faits antérieurs et contemporains, se trouve confirmée encore mieux par les faits postérieurs aux deux époques de nos prétendus réformateurs. C'est un fait, que même des protestants reconnaissent et déplorent , qu'en marchant dans la voie tracée par la réforme théologique de Luther, la théologie protestante a abouti à la négation du symbole chrétien ou de toute vérité révélée. Et c'est aussi un fait, que même des cartésiens pur sang reconnaissent et déplorent également , qu'en marchant dans la voie tracée par la réforme philosophique de Descartes, la philosophie cartésienne a abouti à la négation du symbole humanitaire, ou de toute vérité naturelle. Car, pour ne pas sortir de la France, le dernier mot que le protestantisme vient de prononcer par l'organe de M. Coquerel est : « Qu'il n'y a pas de révélation divine, et que être chrétien n'est qu'être déiste. » Et le dernier mot que le cartésianisme vient de prononcer par l'organe de M. Renan est : « Qu'il n'y a pas de raison humaine, et que être philosophe n'est qu'être sceptique. »

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