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LA PHYSIQUE CHRÉTIKNNE ET LE BUT DE LA CRÉATION

verse ces faits : donc elle est souverainement et absolument fausse.

Enfin, pour nos savants naturalistes, le composé naturel ne se forme que par le rapprochement de deux ou de plusieurs substances élémentaires, moyennant leurs forces d'afHnite et de répulsion, par lesquelles elles s'attachent à ce qui leur est sympathique, et rejettent tout le reste. Ce n'est là, comme on le voit, ni plus ni moins, que le système des parties similaires d'Anaxagore , récrépi et développé par des mois nouveaux, et donnant lieu, par conséquent, aux mêmes inconvénients et aux mêmes erreurs.

Pour se rapprocher le plus étroitement, le plus intimement possible , deux êtres ne perdent point leur nature. En les unissant ensemble, ou en en faisant un tout, le simple rap- . prochement les unit, mais ne les change pas. Ainsi donc, si le composé naturel n'était que le résultat du rapprochement et de l'adhésion naturelle des substances élémentaires, ces substances demeureraient toujours les mêmes dans le composé. Tout corps ne serait, encore une fois, qu'une agrégation de substances, diversement arrangées, occupant des places et des positions différentes, et donnant au tout une différente forme extérieure. Tout corps ne serait que l'union de substances, modihées par rapport à leurs accidents et non par rapport à leur nature. Il n'y aurait pas dans la nature des changements substantiels, mais des changements, purement et simplement accidentels , des changements de la même espèce que les changements, œuvres de l'art. Or, est-ce cela que nous voyons ? Ne voyons-nous pas, au contraire, que la végétation, la nutrition, la génération, produisent de vrais changements d'une substance en une autre ? et , comme nous l'avons prouvé plus haut , la transsubstantiation naturelle n'est- elle pas l'un des phénomènes les plus certains, les plus évidents de la nature? Si donc ces changements substantiels ne sont ni ne peuvent être l'effet du simple rapprochement, de la seule union de substances, quelque intime qu'elle soit , n'est-il pas évident qu'il faut les attribuer à une autre cause et à un autre principe; et que, par conséquent, il est faux que les composés naturels, les corps, ne se forment que jiar le rapprochement de substances sympathiques ?

100 § 71. l'aME. PHÉLlMI.NAlRtlS PHYSIQUES.

N'est-il pas évident que cette théorie, à laquelle s'est arrêtée la science moderne, n'est rien moins (|ue philosophique, puisquelle conduit à la négation des plus éclatants parmi les faits naturels, et obscurcit toujours davantage, au lieu de les expliquer, les mystères de la nature '.'

Mais, soyons juste: les notabilités de la science moderne, et surtout l'honorable M. Dumas, ce naturaliste si justement célèbre, cette intelligence d'élite, qui, en s'enfonçant dans la matière, pour lui ravir jusqu'au dernier de ses secrets, n'en a contracté aucune tache, a conservé toute la pureté, tout l'éclat et toute la grandeur de son esprit, et aurait, sans aucun doute, restauré la physique chrétienne, s'il lui eût été donné de respirer dans un milieu moins païen, et d'avoir affaire à un public plus capable et plus digne de le comprendre; les notabilités delà science moderne, dis-je, ne se sont pas laissé effrayer par la laideur des qualités occulles, jusqu'au point de rejeter absolument le principe qui, selon la physique chrétienne, indépendamment du rapprochement des substances élémentaires, préside à la formation des corps. On devait s'y attendre de la part d'hommes, assez éclairés pour comprendre qu'il n'est pas plus possible de faire un corps physique, un composé naturel, par le simple rapprochement des substances matérielles, en dehors de tout autre principe, que de former un corps moral, une société, par la simple union des familles, en dehors de tout pouvoir. Quoiqu'en tremblant, de peur de passer pour scolustiqucs : quoique, par des phrases tortueuses, nos savants naturalistes admettent donc presque tous, dans le fait, le principede la foumr, comme siibslnntianf , .spécifiant et individualisant la matière; tout en ayant l'air de l'anathématiser par lesmots, en diisertaut sur le composé naturel, outre les éléments qui forment les corps, ils nous parlent de (7?/e/que chose qui les distingue, par rapport à la substance, à l'espèce et à Vindir.iduulisalio». Les voilà donc admettant, bon gré mal gré, eux aussi, deux principes de choses naturelles, l'un qui leur sert de base, l'autre qui les différencie; l'un qui reçoit la différence, et qui, par conséquent, est en puissancek toute différence ; l'autre qui constitue cette différence, et qui, par conséquent, est en acte. Mais, mon Dieu ! ce n'est, sous d'autres mots, que la théorie scolastique de la vialière en puissance à recevoir toutes

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