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LA VIE DES ANGES ET DE DIEU

« xe meut, en quelque sorte^, et %'épanche sur les choses, lors- « qu'elle daigne se communiquer à elles. La seconde raison con- « siste en ce que tout désir d'une chose et qui tend vers cette « chose, s'appelle pareillement mouvement (1). »

En effet, la faculté propre de tout être vivant, de se mouvoir par lui-même, se rapporte à trois espèces d'opérations. Ce sont : 1" l'alimentation, et l'accroissement et la génération qui s'en- ^suivent; 2° le sens et la locomotion; 3" l'intelligence et ce qui en résulte. Car, comprendre, vouloir, aimer, se disent et sont des espèces des mouvements; Ipsum intelligere et velle et amare motus quidam dicunliir. (S. Thom., \ p., q. 9, art. 1.) Le raisonnement ou le discours est le mouvement de l'intelligence, comme le mouvement est, en quelque sorte, le discours de la matière. Dans toutes les langues, les passions s'appellent « mouvements de l'âme. » L'amour et la haine sont l'attraction et la répulsion des cœurs, comme l'attraction et la répulsion sont l'amour et la haine des corps.

Or, le principe essentiel de la vie, étant dans cette faculté, de se mouvoir par soi-même, il y a trois espèces de vie : la vie végétalwe, la \'\& sensitive et la vie iutellective .

Cependant, comme la vie sensitive est de deux degrés, et la vie intellective aussi; la vie est bien de trois espèces, mais elle est aussi de cinq degrés différents. Voici là-dessus la belle doctrine de l'Ange du savoir (I p., q. 18, art. 3;. Nous tâcherons de la rendre le plus clairement possible.

«Puisque l'être vivant n'est que celui qui opère par lui-même, et qui ne doit à aucun agent extérieur ses mouvements , autant cette faculté est plus complète dans l'être vivant, autant sa vie est plus parfaite; et, par conséquent, il y a différents degrés de la vie, l'un plus parfait que l'autre.

« Il y a des êtres vivants dont le mouvement n'a d'autre règle et d'autre but que la grandeur matérielle de l'individu et ce

(1) « Quamvis motus, proprie acceptus, sit corporum , tamen, nomen motus >< etiam ad spiritualia derivatur diipliciter : uno modo, secundiim quod omnis <i operatio motus dicitur; sic eiiim et divina Bonilas quodam modo movetur, et « procedit in re.s, secundum quod se eis commuiucat, ut Dionysius dicit. Alio <' modo, desiderium in aliud teadens, quidam motus dicitur,(Ip., q. 73, art 2j. ■■

120 § 74. l'amk. le molvkmk.m du l'espkit.

qui s'y rapporte. Ce sont les plantes, qui ne se meuvent par elles-mêmes, que pour grandir, afin de se conserver et de se reproduire.

« Il y en a d'autres <iui puisent dans le sens dont ils sont doués, la règle et le but de leur mouvement, et qui se meuvent d'une manière d'autant plus parfaite qu'ils ont le sens plus partait.

« Les animaux imparfaits, les mollusques, par exemple, qui n'ont d'autre sens que le loucher, se meuvent seulement d'un mouvement de dilatation ou de réli'ecissement en eux-mêmes; mais ils n'ont pas la faculté de locomotion , et leur mouvement dépasse peu celui des plantes.

« Mais les animaux parfaits, que leur faculté sensitive au grand complet met en état de sentir, non-seulement ce qui leur est joint et les touche de près, mais aussi ce qui est séparé d'eux, se meuvent vers les objets éloignés d'une manière progressive et en changeant de lieu.

« Cependant, tout en se mouvant par eux-mêmes vers ces objets, afin de les faire servir à la satisfaction de leurs sens, ils ne connaissent pas, ils ne se proposent point eux-mêmes la fin dernière de leur opération et de leur mouvement. La nature leur cache cette fin qu'elle leur a assignée, et ne leur laisse qu'un instinct aveugle qui les pousse à la poursuivre.

« Il n'y a que l'homme qui ne se meut par lui-même, que pour atteindre une fin qu'il connaît, et qu'il se propose comme dernier terme de ses mouvements: c'est parce que lui seul, parmi les êtres corporels vivants, possède l'intellect et la raison, facultés seules capables de connaître les rapports entre les moyens et la lin, et de coordonner l'un à l'autre. Puisque donc, dans sa manière de se mouvoir, l'iiumme obéit à une loi d'un ordre plus élevé que l'instinct, à la loi de la connaissance de la fin ; parmi les différentes manières de vivre de tous les vivants corporels, sa manière de vivre est la plus parfaite. En preuve de quoi, dans un et même homme, la vertu iuteilective meut plus puissamment les puissances sensitives, et celles-ci, à leur tour, meuvent avec plus d'empire les organes par lesquels s'accomplissent ces mouvements.

« Mais ces principes de la raison, auxquels l'homme obéit.

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