‹ La philosophie chrétienneChapitre 54 sur 249 · II. y · texte numérisé non relu

II. y

130 § 77. l'ame. multiplicité de ses actes.

En second lieu, les actes mêmes qui lui sont communs avec les formes d'un ordre inférieur, sont exercés par elle d'une manière plus complète et plus parfaite. La locomotion, par exemple, qui, pour la brute, n'est que spontanée, parce que la brute se met en mQ\x\Qmex\\. par elle-même, dans l'homme est libre; et en général, même les fonctions de la vie végétative, et particulièrement la nutrition et la génération, qui, dans la plante et dans la brute, ne s'opèrent qu'en vertu d'une loi de la nature ou d'un instinct aveugle, empruntent dans l'homme, à la raison et à la liberté de son esprit un caractère de noblesse et de grandeur qu'elles n'ont pas hors de l'homme.

En troisième lieu , tandis que l'âme purement végétative et même l'àme sensitive n'ont d'acte dans le corps que par rapport au corps, seule l'âme humaine, par les trois actes spécifiques de la vie intellective, tout en demeurant dans le corps, agit pour son propre compte, sans le corps-, et sans égard aucun au corps; entourée d'êtres corporels et visibles, elle s'entretient avec les êtres spirituels et invisibles; voyageant sur la terre, elle peut faire d'heureuses excursions et se promener dans le ciel : Nostra conversaiio in cœlis est [Philip., Ilï); et, enveloppée de la chair humaine, elle atteste, en elle-même, et par elle-même, sa ressemblance avec la manière d'être et d'opérer de Dieu.

§ 77. Magnifique doctrine de saint Thomas sur les différents degrés de perfections des formes substantielles. — Ces degrés forment îine échelle par laquelle on monte du plus cliétif des êtres jusqti'à Dieu — Tort que s'est donné Descartes en niant l'dnie des brutes. — L'existence de idme des brutes prouvée par la Tradition et par l'Écriture. — L'âme des brutes, sentinelle de l'àme humaine.

Cette analyse, telle qu'on la lit, et dans l'ordre que nous lui donnons ici, ne se rencontre, que nous sachions, dans aucun cours de philosophie, pas même dans saint Thomas. Mais ceux qui se sont familiarisés avec les écrits de ce grand docteur, s'apercevront aisément que cette classification des actes spécifiques des âmes résulte des principes de l'Ange de l'école; qu'elle e^t une doctrine, éparse dans tous ses ouvrages, et que c'est là que nous l'avons recueillie.

Voici, en effet, l'une des profondes et magnifiques doctrines

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