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CINQUIÈME CHAPITRE

DE LA PBEMIÈBE DES QUALITES, COMMUNES A TOUTES LBS AMES EN GÉNÉRAL^ ET A L'aME HUMAINE EN PARTICULIER, D'ÊTRE

LA FORME SURSTANTIELLE DE LEUR CORPS ; et des analogies ENTRE LA DOCTRINE DE LA PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE

SUR l'union de l'ame avec le corps dans l'homme, ATEC

LA DOCTRINE DE LA THÉOLOGIE CATHOLIQUE SUR l'UNION DB LA DIVINITÉ AVEC L'HUMANITÉ EN JÉSUS-CHRIST.

78. On se propose d'expligtier les trois caractères commims à toute espèce d'âmes. Le premier de ces caractères est : Quetodtf. amëest forme

DE SON coKPS : Démonstration de cette thèse par saint Thomas. — On la confirme par quatre autres arguments. — Par sa manière de s'exprimer, touchant les opérations des comjwsés vivants, le genre humain tout entier donne à entendre que, pour lui, toute âme est forme de son corps. — La même vérité est attestée par le sens-intime de l'homme.

Ijes FONCTIONS, si diverses par leur nature, si multiples par leur nombre, qu'accomplit l'âme des plantes, l'âme des brutes et surtout l'âme de l'homme, ne prouvent que la différence de leur espèce. Mais, essentiellement différentes par Ve.tpèce, ces âmes n'en sont pas moins toutes égajemeut des a^es, parle genre. En preuve de quoi, elles sopt toutes, et au même titre, justement et exactement comprises §ous la im\\\e définition d'acte premier du corps organique physique, ayant la, vie. en puissance. Ces trois espèces d'âmes représentent donc le même principe, où jouent le même rùle, par rapport à leurs corps respectifs; et elles ont des qualités essputiellemeut qpiriniunes, découlant de leur essence et de leur définition commune.

En effet, si d'après cette définition, ces âmes, d'espèces si différentes, sont, cependant, toutes également acte premier de leur corps organique, physique, ayant la vie en puissance , elles sont conséquemment toutes également : 1" Formes suk^taiv-

140 ^ 78. CARACTÈBES COMMUNS A TOUTE ESPÈCE D'aMES.

TiELLEs de leur propre corps, parce que tout acte premier est forme substantielle du corps. 2° Elles sont toutes des fobmes UNIQUES de leur corps, parce que le composé naturel n'a et ne peut avoir qu'une seule forme substantielle. Et 3" elles sont toutes des FORMES IMMATÉRIELLES, parce que toute forme d'un corps organique, j)hysique, lui donnant la vie, n'est et ne peut être qu'inm)atérielle.

Voilà les trois points communs de ressemblance des trois espèces d'âmes, qui en font un seul genre, et dont il importe grandement de constater la réalité, dans l'intérêt particulier de l'âme humaine.

La vérité de la thèse : «Que toute âme est forme substantielle « du corps auquel elle est jointe » résulte d'abord de la nature du composé naturel. Les principes de ce composé ne sont que deux, ni plus ni moins: la matière et \sl forme. Tout ce qui, en lui, n'est pas matière, est forme, comme tout ce qui n'est pas forme, est matière. Or, les deux principes constitutifs de tout composé vivant sont l'âme et le corps; tout ce qui, en lui, n'est pas corps, est âme, comme tout ce qui, en lui, n'est pas âme, est corps; en sorte que, dans tout composé vivant, le corps est la matière et l'âme la forme; donc, toute âme est forme.

Voici comment saint Thomas a démontré cette même thèse.

«La chose, dit-il, par laquelle un être commence à opérer, est la forme de cet être à qui l'opération est attribuée. Ainsi, puisque ce par quoi le corps commence à être sain est la santé, et ce par quoi l'âme commence à savoir est la science, la santé est forme (accidentelle) du corps , et la science l'est en quelque sorte de l'âme. La raison de cela est que rien n'agit qu'en tant qu'il est en acte; conséquemment l'être n'agit que par le même principe par lequel il est en acte. Or il est évident que ce par quoi le corps commence à vivre, est l'âme; et que, lorsque la vie commence à paraître , selon ses opérations diverses, dans les degrés divers des êtres vivants, ce par quoi nous accomplissons ces diverses opérations de la vie, est l'âme. Car c'est par l'âme que nous commençons à nous nourrir, à sentir, à nous mouvoir en différents lieux, et même c'est par l'âme que nous autres hommes comprenons. Donc, ce principe par lequel nous commençons ii comprenflre, qu'on l'appollo intellect owdmeintel'

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