‹ La philosophie chrétienneChapitre 59 sur 249 · TOUTE AME EST FORME DE SON COUPS · texte numérisé non relu

TOUTE AME EST FORME DE SON COUPS

Icvtive est toujours la forme du corps. C'est ainsi qu'Aristote a démontré que l'âme est forme du corps (1). »

Or, on vient de l'entendre, en apportant cet argument pour prouver principalement que Vâme intellectlve s'unit au corps humain comme forme [Utrum anima intellectiva uniatur corport ut forma), saint Thomas n'y a pas moins compris tous les DEGRÉS DIVERS DES ETRES qui accompiisseut des œuvres vitales^ DES ÈTBiis vivants; cum vita manifeslatur in diversis operibus vitx, IN DIVERSIS GRADiBus vivENTiuM. Mais , pour saint Thomas, ainsi qu'on l'a vu, les plantes et les brutes sont aussi de vrais êtres vivants; donc, pour saint Thomas, l'âme des plantes et des brutes est, elle aussi, forme substantielle de leurs corps.

En second lieu, on sait déjà que la forme est dans tout le composé naturel, ce que le pouvoir est dans toute société, et que, comme ce n'est que le pouvoir suprême qui unit, harmonise les formes subalternes et maintient le corps social, de même ce n'est que la forme substantielle suprême qui unit et harmonise les pouvoirs subalternes et maintient le corps naturel. Or, dans tout composé vivant, ces fonctions ne sont exercées que par l'âme; car, dès l'instant où l'âme disparait, le corps naturel se décompose : comme toute société se dissout dès l'instant où elle n'a plus de pouvoir. Donc, dans tout composé vivant, l'âme est pouvoir suprême, acte premier, forme du corps.

Troisièmement : comme ce n'est que par son âme végétative que la plante est : 1» substance végétale, 2" substance de telle espèce des plantes, et 3° cette plante ou cet individu de telle espèce végétale ; de même ce n'est que par son âme

(1) « lllud quo primo aliquid operatur est forma ejiis cuioperatio attribuitur, « sicut quo primo sanatur corpus est sanitas et quo pri{no scit anima est scien- « tia. Unde sanitas est forma (accidentalis) corporis, scientia est fotma (acciden- » talis) quodaiiimodo anima'. Hnjus ratio est quia nihil agit nisi secundum id '< quo est actu ; unde quo ali(iuid est actu eo agit. ManifesUnn est autem quod " primum quo corpus vivit, est anima; et cuin vita manfestatur ^ecuudum « operationes in diversis gradibus viventium, id quo primo operamur in diversis « his operibus vitse est anima. Anima enim est primum quo nutriinur et « sentimus et movemur secundum locum et similiter quo primo intelligimus. " Hoc ergo principium quo primo intelligimus, sivedicatur intellectus, sive anima " inteliecliva, est fornja corpoiis; et hrec est demonstratio Aristotelis in libro « de anima (I p., qu. 76, art. 1). ■

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