‹ La philosophie chrétienneChapitre 63 sur 249 · TOUTE ÀME EST FORME DE SON COBPS · texte numérisé non relu

TOUTE ÀME EST FORME DE SON COBPS

Ainsi donc, dans sa manière de s'exprimer touchant les opérations de tout composé vivant, le genre humain les a toujours et partout attribuées à son principe substantiel et non à ses organes; à tout le composé et non à ses parties. D'après cette manière de s'exprimer, fidèle écho de ses croyances et de ses pensées, pour le genre humain, c'est un seul et même individu-plante qui exerce, en même temps, les trois actes de toute forme naturelle, et de plus les trois opérations de la vie végétât' v'e. C'est un seul et même individu-brute qui exécute, en même*,, mps, les trois actes de toute forme naturelle, les trois op.^ratio'âs de la vie végétative, et de plus les trois fonctions de la vie sensitive. Enfin, c'est un seul et même individu-homme qui accomplit, en même temps, les trois actes de toute forme naturelle, les trois opérations de la vie végétative , les trois fonctions de la vie sensitive, et qui de plus déploie, avec la plus grande indépendance, les trois facultés de la vie intellective; en sorte que le grand principe de la philosophie chrétienne : Que les actions de tout composé vivant ne sont ni de l'âme seule ni du corps seul , mais de làmeunie au corps, de l'individu, du conjoint ; actiones sunt conjuncli, n'est, au fond, que l'une des idées, des conceptions générales de l'esprit humain , de la raison humaine ; l'une des croyances pratiques de l'humanité entière; et, dès lors, c'est une grande, profonde et incontestable vérité.

JMais, reconnaître que les actions du composé vivant ne doivent être attribuées qu'au conjoint et non à ses deux substances, prises à part l'une de l'autre ; au tout et non aux parties séparées, c'est reconnaître que, dans tout composé vivant, l'âme et le corps ne sont qu'UN, d'une unité non accidentelle mais substantielie; c'est reconnaître que, dans tout composé vivant, les deux substances ou les deux parties n'ont qu'un seul et même être substantiel; car tout être n'ESï que de la même manière dont il est UN, et n'est UN que de la même manière dont il EST. Là où il y a unité substantielle, il y a être substantiel , et la où il y a élre substantiel il y a unité substantielle; Sic enim aliquid est ens quomodo est unum (saint Thomas). Mais, on le sait déjà , ce n'est que le propre de la Forme de faire passer la matière de la puissance à l'acte , et par là de la faire être de son propre être, de manière à ce que forme et matière, âme et

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