‹ La philosophie chrétienneChapitre 79 sur 249 · II. Vi · texte numérisé non relu

II. Vi

178 § 83. SYSTÈMES SDR l'UNION DE l'AME AATC LE CORPS.

n'est que substantiellement UN, parce qu'en lui les deux natures sont unies dans l'unité d'une même et unique personne, la personne du Verbe ; comme, d'après la vraie philosophie, vrai esprit et vraie chair, l'homme est, lui aussi, substantiellement UN, parce qu'en lui les deux substances sont unies dans l'unité d'un même et unique être, l'être de l'âme : Sicut anima rationalis et caro unus est honio ; ita Deus et hoino umis est Christus...voncovJnsione substantix, sed unilate pcrsonœ [Symbol. S. Atha7i. ).Mais, pour nos académiciens baptisés, au contraire, de même que l'homme était toujours un composé accidentel de deux substances ayant chacune son propre être, et, UN en apparence, il était toujours deux en réalité; de même, Jésus- Christ ne fut bientôt, lui aussi, qu'un composé accidentel de deux natures, ayant chacune sa propre personnalité, et, nominalement UN, il ne fut réellement que deux.

L'on vient de voir qu'en méconnaissant le grand principe de l'unité substantielle de l'homme, en divisant l'homme, et en admettant en lui deux êtres distincts, deux substances complètes, les anciens académiciens furent conduits à refuser à l'homme ou Tune ou l'autre de ces deux substances, ou l'âme ou le corps, et formèrent deux grandes sectes , celle des idéalistes et celle des matérialistes, dans lesquelles se partagea et délira pendant huit siècles l'ancienne philosophie. Or, de même, les nouveaux académiciens, chrétiens par le nom, mais au fond toujours platoniciens, en méconnaissant le grand principe de l'unité hypostatique de Jésus-Christ, en divisant Jésus-Christ, et en admettant en lui deux personnes distinctes et deux natures également complètes, furent entraînés à contester à Jésus-Christ ou l'une ou l'autre de ses deux natures, ou la divinité ou l'humanité, et enfantèrent deux grandes secte, celle des phanlasiaques, dont les Sabellius, les Marcion et les Manès furent les fondateurs, pour lesquels Jésus-Christ n'eut qu'un corps idéal , imaginaire, apparent, ou formé d'une matière céleste; et celle des humanitaires, qui ont les Cerinthe, les Celse et les Arius pour pères, pour lesquels Jésus-Christ, réellement Fils de l'homme, ne fut que d'une manière figurée et impropre Fils de Dieu. Ce furent les sectes dans lesquelles se divisa et blasphéma pendant cinq siècles l'hérésie. Car, en y réfléchissant bien, toute hérésie théologique se

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