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LES PLATONXCIEÎVS CHRÉTIENS ET LEURS ERREURS

réduit au fond à la négation ou de la divinité ou de l'humanité de Jésus-Christ, comme toute erreur philosophique découle de la négation de l'âme ou du corps de l'homme (l).

Ainsi les disciples de Platon sont convaincus que, païens, ils n'ont jamais connu l'homme, et que, chrétiens, ils n'ont point connu Jésus-Christ ; et voilà, encore une fois, comment Platon, ainsi que le lui ont reproché TerluUien, saint Irénée, saint Augustin et d'autres Pères de l'Église, a vraiment été le patriarche DE TOUS les hérétiques , ct que ses doctrines ont servi

d'ASSAISONNEMENT A TOUTES LES HERESIES.

On comprend ainsi pourquoi saint Augustin et saint Thomas, en particulier, en marchant, comme nous l'avons déjà fait remarquer ailleurs, dans la voie ouverte par saint Denis l'Aréopagite et par saint Athanase, ont défendu presque avec au-

(I) Le tnonothélisme, en refusant à Jésus-Christ la volonté divine, lui a refusé, par une conséquence nécessaire, la personnalité divine. Le nestorianisme, en conte'«tant à la sainte Vierge le titre de mère de dieu, niait implicitement que Jésus-Cln'ist était Dieu ; car, de même que, si on ne doit pas appeler mère du roi la mère de l'homme qui régne, c'est que cet homme n'est pas roi ; de même, si on ne devait pas dire vière de Dieu la mère de Jésus-Christ, ce serait parce que Jésus-Christ n'est pas Dieu. L'héiésie des iconoclaste-, en condamnant tout culte des images de Jésus-Christ, de Marie et des saints, donnait à entendre que les personnages représentes par les images sacrées ne méritaient aucun culte, et par là : Que la sainte Vierge n'est pas la mère de Dieu ; que les saints ne sont pas les amis de Dieu et les prodiges vivants de sa divine grâce ; et que Jésus lui-même n'est pas Dieu. Les modernes hérésies, en niant, outre le culte des images, la justitication, les sacrements et l'infaillibilité de l'Église, etc., c'est-à-dire les o'uvres de Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu, ne sont, elles aussi, que la négation plus ou moins masquée, plus ou moins hypocrite, de la divinité de Jésus-Christ. En sorte que les Wicletï, les Luther, les Zwingle, les Calvin, les Jansénius, etc., n'ont été qne des enfants légitimes et naturels d'Arius. De l'autre côté, la secte des anciens P/iantasiaqties a reparu dans l'hérésie de ces prétendus chrétiens pour lesquels Jésus- Christ n'est qu'une Idée, un Mythe, un Personnage idéal, une création de l'imagination humaine. Ainsi, comme, étant sur la croix, ce divin Sauveur fut blas|ih('mé par les larrons de deu\ côtés opposés {Malth., XXVI) : de môme, régnant an ciel et dans l'Église, il est toujours blasphémé par deuv sectes opposées, dont l'une nie sa divinité et l'autre son humanité; et ce Fils de Dieu, Sauveur du monde, est toujours le signe de la conlradiction de Satan et de tous les faux chrétiens, ses enfants, comme l'homme, son image vivante, l'est de la part de tous les faux philosophes.

180 § 84. SYSTÈMES SUR l'UNIOX DE l'AME AVEC LE CORPS.

tant de zèle Vunltc subsfantiellc de l'âme et du corps de l'homme, que Winité hypostatique de la divinité et de Ihumanité de Jésus-Christ. On comprend pourquoi les grands hommes de l'Église n'ont jamais séparé ces deux dogmes fondamentaux de la vraie théologie et de la vraie philosophie ; mais, comme nous l'avons souvent fait observer, ayant connu le mystère de l'homme à la lumière du mystère de Jésus-Christ, ils ont fait servir à la plus grande gloire du mystère de Jésus-Christ la connaissance plus complète et plus parfaite qu'ils ont atteinte touchant l'homme. Ou comprend enfin pourquoi le concile œcuménique de Vienne a érigé en dogme théologique le principe philosophique : Que l'ame intellective est la forme substantielle DU CORPS HUMAIN, cn pronouçaut anathème contre ceux qui oseraient le nier : Si qu/'s dixerit ani/nam intellectivam non esseformam substanlialehi corporishumani, anathema

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