‹ La philosophie chrétienneChapitre 85 sur 249 · PLURALITÉ DES AMES. VINTKAS ET LORDAT · texte numérisé non relu

PLURALITÉ DES AMES. VINTKAS ET LORDAT

serait qu'un fait accidentel, secondaire, une superfétation de l'œuvre de Dieu. Du reste , cette étrange doctrine n'est , nous le répétons , ni plus ni moins que Tancienne hérésie d'Origène , qu'au cinquième concile œcuménique, l'Église a stigmatisée dans ces termes : « Si quelqu'un dit ou pense que les âmes des « hommes ont préexisté , parce qu'elles n'auraient été d'abord « que des intelligences et de saintes Vertus qui^ dans la suite*, « s'étant ennuyées de la contemplation divine, et s'étant refroidies « dans l'amour de Dieu , se sont changées en natures d'un ordre « inférieur, appelées psychés ou âmes, et ont été renfermées « dans des corps , eu punition de leurs fautes : Qu'il soit ana- « thématisé ! (1). »

Condamnée par l'Épiscopat français et par le Souverain Pontife (Bref du '6 novembre \^h^ à l'évèque de Bayeux), repoussée par l'opinion publique, frappée par les tribunaux, dans la personne de son chef, comme l'œuvre de l'imposture et de l'escroquerie, V Œuvre de la miséricorde est plutôt cachée qu'éteinte. Elle n'en fait pas moins, en secret, des dupes, et n'en compte pas moins dans son sein quelques ecclésiastiques et des laïques de tous les rangs et de toutes les conditions. A notre arrivée en France, en 1849 , nous l'avons trouvée très-répandue dans le Midi , pendant qu'elle faisait des ravages dans la Normandie qui l'avait vue naître. Depuis lors, elle a plutôt gagné que perdu , au moins par rapport aux personnes qui , n'osant pas s'y affilier, à cause des abominations qu'on lui attribue (2), n'en

(1) «si qiiis dicit aut sentit prseexisterc hominuin animas, ntpote quae antea « mentes fuerint ac sanctœ virtutes , satietalemque cepisse divinse contem- « plationis et in deterius cimversas esse, alcjne adeo refrixisse aDei charitate « et iude psychcks graece, id est animas esse nimcupatas, dennissasquc esse in « corpora, supplicii causa, analliema sit (II Conc. Constantinop.,c. 1). »

(2) Voyez la brocliure de Coudi, intitulée : les saints de Tilly-sur-Seulle, portant cette épigraphe : Ils ont élevé un autel au démon de l'impudicité, et ils en ont fait leur Dieu. Deux circonstances donnent de l'autorité à ce scandaleux écrit. La première est que son auteur n'est pas un adversaire ou un transfuge de la secte, mais, au contraire, Tun des plus zélés disciples de Michel Vintras, et l'im des plus entêtés adeptes de I'oeuvue, car il affirme qu'ayant découvert que les nouveaux apôtres, tombés misérablement sous le pouvoir de Satan, se vautraient dans la fange des plus criminelles impudicités , il ne s'est décidé à charger ses confrères des plus affreuses imputations, par

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