‹ La philosophie chrétienneChapitre 86 sur 249 · S 87. L'AME FORME UNIQUE DU CORPS · texte numérisé non relu

S 87. L'AME FORME UNIQUE DU CORPS

suivent pas moins les erreurs, avec l'obstination et le fanatisme des plus fougueux sectaires. L'héiésie donc de la trinité des substances dans l'/iomme, que Vintras, le théologien fabricant de carton , prétend avoir reçue d'en liaut, et qui ne lui est venue que d'en lias, comme doctrine théologique, compte,, même en ce moment, plus de partisans qu'on ne pense.

Sans être aussi impie que la doctrine théologique de Tilly, la nouvelle doctrine anthropologique de la Faculté de Montpellier n'en est pas moins absurde et funeste.

Malgré les aberrations matérialistes du dix-huitième siècle, cette Faculté célèbre était restée fidèle à la conception physiologique de la vie, formulée par Stahl, au dix-septième siècle. Selon cette conception, la vie humaine ne se divise pas en deux existences différentes; mais elle est le fait de l'action de l'âme intellective, laquelle présiderait aux fonctions organitjues, par ses forces inférieures, aussi bien qu'aux facultés spirituelles, par ses forces supérieures. C'est pourquoi le vitalisme, résultant de cette conception, reçut le nom d'AisiMfSMK. C'était, comme on le voit, le commentaire du dogme philosophique iiroclamé par le concile de Vienne: Que l'âme intelleetive est la forme subsUml/elle du

la voie de la publicité, qu'aJia de les rappeler à la pénileiice et les engager à accomplir saintement leur mission diviiie. Ainsi, à l'imitation de ces quelques disciples de Luther, qui, en condamnant liauteinent le cynisme de ses mœurs, n'en demeurèrent pas moins les jjartisans quand mOme <lc ses doctrines in)pies, (Jondi, tout en llétrissaiit, par les accusations les plus hideuses, les principaux personnages de Vœuvrc, ne laisse i)as de les regarder conmie des apôtres inspires de Dieu, et de protester de son innltérable attachement au\ révélations dont le ciel aurait favorisé Vintras.

La seconde circonstance qui paraît imprimer le cachet de la véracité à ces imrrihles dénonciations, c'est que leurs victimes, loin de poursuivre en diflamation l'auteur devant les tribunaux, n'y ont opposé que le silence le plus complet. Et cependant Gondi désigne eu toutes lettres ou par des lettres initiales, faciles à comjUéler, ses accusés, et il fait un lubleau de leurs abominations qui le dispute à ce «ju'on reproche, dans ce geiue, au\ anciens (Jnostiques.

Quant à nous, nous serions désolé, mais non étonné, que Gondi eût dit la vérité. Car les prestiges sacrilèges des hosties ensanglantées, qui ont eu lieu it Tilly, et rjue trop de témoins attestent poin* <]n'on puisse les nier, prouvent éAidemment que l'o'UNre dite du rcgne du^aint-EsprU, n'est que Vœuvre de Satan; w tontes les œuvres de l'esprit immonde impliquent nécessairement rinqmdicité.

PLUBALITK DES AMES. VINTKAS ES LCBDAT. 21 3

corps Jnimain, c'est-à-dire du dogme qu'il n'y a de vitalisme pour le corps que par l'âme.

Ce fut le docteur Barthez qui^ n'étant pas de cet avis, inaugura, sous le nom de principe vital, le double dynamisme à l'école de Montpellier, à latin du dernier siècle; mais, fidèle à ses instincts sceptiques, il se garda bien de le définir franchement, et moins encore pensa-t-il à en faire un troisième être, entrant substantiellement dans la composition de l'homme. Il était réservé au plus hardi de ses disciples, à M. le professeur Lordat, d'affirmer avec le ton tranchant qui est le propre de l'ignorance, lui qui n'est certainement pas: aussi ignorant qu'il voudrait le faire croire, que le principe vital est un être métaphysique, une entité positive, une réalité substantielle, un mo leur de seconde majesté, une âme organique, qui serait à l'âme intellective, comme les fonctions du corps sont aux facultés do l'esprit. C'est pourquoi le vitalisme de Montpellier a pris le surnom de double dynamisme (Voyez la brochure intitulée : Accord de la doctrine anthropologique de Montpellier avec les enseignements religieux, par Lordat. Montpellier, chez Martel, 1852).

L'honorable docteur Pécholier, professeur agrégé de l'école de médecine de Montpellier, fidèle écho des aberrations de M. Lordat, son maître, s'exprime ainsi :

« J'observe, dans tous les phénomènes vitaux, tant ceux de la « santé que ceux de la maladie. Je suis frappé de les voir con- « courir à un but commun; j'admire l'unité qui les coordonne, rt et me crois, par conséquent, obligé de les rapporter à une « cause unique. Cette cause ne peut être ni la matière, ni les « forces physiques et chimiques; c'est une force spéciale aux « êtres vivants. Or l'induction ne peut me démontrer que cette « force soit de l'âme; elle tend même à me prouver le contraire. « J'en reste donc à la notion d'une force vitale, régissant les « phénomènes vitaux, et je me garde d'affirmer que cette force « (le principe vital) n'est qu'une faculté de l'âme intelligente « {Lettre à M. le docteur Sales-Giron). »

Ainsi donc, pour ces médecins, la vie organique de l'homme serait le fait exclusif du principe vital. Ce principe est une substance tout à fait indépendante de l'âme intellective, une forme organique, spontanée, ayant son action à elle, une âme, en un

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