ANCIENNES ERREURS SUR CE SUJET RÉFUTÉES
« Mais saint Augustin lui-même, nous opposera- t-on , n'a-t-il pas dit que l'âme ne gouverne tout corps que par le feu et par l'air, qui sont des corps ayant quelque ressemblance avec l'esprit? » Oui, saint Augustin a vraiment dit cela. Mais, dans ce passage , il n'a point parlé de la manière dont l'âme est unie au corps , mais de la manière dont 1 ame meiit le corps ; car il se sert du mot « gouverne. » Dans ce sens , la sentence de saint Augustin est très-exacte ; car c'est une vérité que l'âme meut , par les parties les plus subtiles ( qu'on appelle esprits animaux) , les parties les plus grossières du corps , et que , comme l'a observé Aristote : « Le premier instrument de la vertu motrice, c'est l'esprit (1). »
On insiste : « Aussitôt que les esprits animaux s'éteignent dans l'homme, l'âme se sépare du corps, et la mort s'ensuit. Donc l'âme et le corps ne sont unis que par les esprits animaux; parce que la chose sans laquelle deux substances ne peuvent rester unies est évidemment le moyen de leur union. » Mais ce fait ne prouve qu'une chose, à savoir: «Que, les , 'esprits animaux venant à s'éteindre, le corps n'est plus apte à rester uni à Tâme ; mais il ne prouve pas que les esprits animaux soient le moyen d'union entre l'âme et le corps. Les esprits animaux ne sont donc que le moyen ou le premier instrument du mouvement dont l'âme se sert pour mouvoir le corps (2).»
On peut opposer encore : « Que les choses qui diffèrent beaucoup entre elles ne peuvent être unies ensemble que par un
« sensibilis inediante liice cœli ci7stallini, anima intcllectiva mediante luce cu'li « empyrei. Quodfictivum et derisibile apparet, tuin quia lux non est corpus, n et quia quinta essentia non venit materialiter in compositionem corporis « niixti, cum sit inalterabilis, sed virtualiter tantuni, tum etiam quia anima ira- « médiate unitur ut forma materiaî (I p., q. 76, a. 7). »
(1) " Augustinus loquitur de anima in quantum movet corpus; unde utitur '< verbo administrât. Et vcrum est quod partes crassiores corporis, per sub- « tiliores movet ; et primum instrumentum virtiitis motivœ est spiritus, ut dicit '< Aristoteles(/6(rf.) »
(2) « Sublracfo spiritu delicit unio animae et corporis, non quia sit ifiedium; « sed quia tolUturdispositio per quam corpus est dispositum ad talem unionem. n Est tamen spirilus médium in movcndo, sicut primum imstrumeotum nio- « tus (Ibid.). >'