‹ La philosophie chrétienneChapitre 92 sur 249 · ANCIENNES ERBEURS SUR CE SUJET RÉFUTÉES · texte numérisé non relu

ANCIENNES ERBEURS SUR CE SUJET RÉFUTÉES

«Or, s'il en était ainsi, et si, en dehors de l'âme intellective , il restait dans le corps humain une autre forme quelconque , le faisant exister en acte, ce ne serait que cette forme ou celte âme, et non la forme ou l'âme intellective, qui serait la forme substantielle de notre corps , puisque ce serait cette forme, et non l'âme intellective, qui donnerait l'être ; dès lors il n'y aurait pas de véritable génération humaine, par l'r.nion de l'âme intellective au corps , ni de véritable mort de l'homme par la séparation de cette âme du corps, ce qui est manifestement faux.

«Il est donc nécessaire d'admettre que l'homme n'a qu'une seule et unique forme substantielle, l'âme intellective, et que, puisqu'à raison de la perfection de sa nature, cette âme possède aussi la vertu sensitive et la vertu végétative, elle renferme virtuellement, en elle-même, les formes inférieures de la brute et de la plante , et accomplit , à elle seule , outre les fonctions de l'intelligence, les fonctions que l'âme sensitive exécute dans la brute, et les fonctions que l'âme végétative exerce dans la plante.

«On doit en dire de même des autres âmes. Plus parfaite que la forme substantielle des composés inorganiques et inanimés . l'âme de la plante remplit , à elle seule , les actes de cette forme et, déplus, les actes spécifiques de la vie végétative. De même? plus parfaite encore que Tâme végétative des plantes, l'âme sensitive rempht , à elle seule, les actes des formes substantielles des corps inorganiques , et les actes spécifiques de la vie sensitive (1). »

« stantialis dat esse simpliciter, et ideo per ejus adventura dicitur aliqiiid sim- « pliciter generari,etper ejusrecessuin, simpliciter corrumpi.Propterlioc anliqui « natiirales, qui posiicrunt uiateriam primam essealiquod ens actii, |)uta ignom « ant aerem, etc., dixerunl quod niliil generatur aut corrumpilur simpiici/cr, « sed omne fieri dixerunt alteraii (I p., q. 76, a. 4). «

(1) « Si igitur ita esset quod, praeter animain intelleclivara , pra^existerc « quaecumque alia forma substantialis iu materia, per quam subjectum anima* <i esset ens in actu, sequetetur quod anima non daret esse simpliciter, et per « consequens quod non esset i'orma substantialis, et quod per advenlum anima; « non esset generatio simpliciter, neque per ejus recessum coi ruptio simpliciter, K sed solura secundum quid, qua> sunt mrnifeste l'alsa. Unde dicendum quod « nuUaalia forma substantialis est in liomiue,nisi sola anima intellecti va, et quod « ipsa, siciit \irtute continet animam sensitivam et nutritivam, ita virtule con- « tinet omnes inferiores formas et facit ipsa sola quidquid imperfectiores formai

230 § 89. UNICITÉ DE l'AME ÉTABLIE.

On ne sait qu'admirer le plus, dans ce raisonnement du Docteur angélique : la simplicité ou la profondeur, la clarté ou la rigueur logique. Ce sont là les caractères d'un raisonnement fondé sur le vrai, et le reflétant d'une manière si éclatante qu'il est impossible à la raison de lui refuser son assentiment. Il est donc certain, évident que les composés animés n'ont qu'une seule et unique forme substantielle, une seule et unique âme, exécutant, à elle seule , toutes les fonctions qui s'accomplissent dans le corps auquel elle est unie.

« Mais tout animal, disaient les néo-platoniciens du temps de saint Thomas , est se mouvant; tout être se mouvant a deux parties, dont l'une est le moteur et l'autre le mobile; la partie motrice de l'animal est l'âme , la partie mue est le corps. Mais comme l'âme a besoin d'élre pour mouvoir le corps, le corps a besoin d'être , lui aussi, pour être mu par l'âme. Le corps a donc un être à lui, indépendamment de l'être de l'âme. Mais c'est par la forme que la matière est actualisée et qu'elle a Vêtre. Donc, tout animal a une autre forme substantielle hors de l'âme, par laquelle son corps est aussi, lui, corps. Tout corps de l'être animé a aussi une forme distincte de l'âme , et tout composé vivant a au moins deux formes ou deux âmes. »

« Vous confondez , répondait à ces platoniciens saint Thomas, vous confondez l'acte premier, qui est Vétre, et l'acte second, qui est l'opération , dans tout être. Vous confondez l'acte de l'union de l'âme au corps^ avec l'acte que l'âme exerce sur le corps, après qu'elle y a été unie. Ne s'unissant au corps que comme forme, savoir par son être, elle lui fait partager cet être à elle, et le fait être corps. Ainsi, le corps n'a pas d'être propre à lui, et il n'est corps que par l'âme et dans l'âme. Une fois cette union accomplie, ce n'est pas par son être , mais par sa vertu que l'âme meut le corps, et que dans l'homme l'âme est le moteur, et le corps, le mobile. Ainsi, ce n'est pas par un être propre à lui et distinct de celui de l'âme, mais par l'être même de l'âme, que le corps est et se trouve mis en état d'être mû par l'âme. Il n'y a donc

n raciunt in aliis. Similiter est dicendum de anima seDsitiva in brûlis et de « nutriliva ii» planlis; et universaliter de omnil)us formis perfeclioribus respectu (' imperfectaram (Loc. cit.). >•

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