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CHAPITRE IV

La dynamique sociale.

La dynamique sociale est, pour Comté, la partie principale de la sociologie. Il nous dit qu'elle a occupé son attention « d'une manière prépondérante et même presque exclusive1. » Cette préférence s'explique aisément. D'abord, l'idée qui distingue le mieux la sociologie de la biologie, l'idée du développement graduel de l'humanité, appartient à la dynamique sociale. Puis, la méthode qui est propre à la sociologie, la méthode historique, s'applique particulièrement à la dynamique. Enfin, la conception même d'une science sociale s'est fixée dans l'esprit de Comte par la découverte de la loi des trois états, qui est une loi dynamique.

La dynamique sociale se définit « la science du mouvement nécessaire et continu de l'humanité2 », ou, plus brièvement, la science des lois du progrès. Ici, comme dans la statique sociale, et même plus exclusivement encore, un seul cas est étudié, le cas de l'espèce humaine, regardée comme un seul individu, et considérée dans la totalité de son développement passé et futur. Dès lors, sans méconnaître la distinction de la biologie et de la sociologie, n'y aurait-il pas lieu de

i. Cours, IV, 43o.

a. Cours, IV, 299. — Voyez aussi le chapitre II du livre I.

3û2 LA PHILOSOPHIE D1 AUGUSTE COMTE

chercher d'abord, dans la nature physique et morale de l'homme individuel, certaines des conditions du progrès social? Cette question n'a pas échappé à Comte, et c'est par elle, dit-il, qu'il conviendrait de commencer un traité méthodique de science sociale. Il ne l'a cependant pas traitée expressément. Il s'est contenté d'indiquer « cet instinct fondamental, résultat complexe du concours nécessaire de toutes nos tendances naturelles, qui pousse l'homme à améliorer, sans cesse, sous tous les rapports, sa condition, ou à toujours développer, à tous égards, l'ensemble de sa vie physique morale et intellectuelle autant que le comporte le système de circonstances où il se trouve placé1. » Cette indication est complétée par l'étude des conditions qui ont déterminé les premiers efforts de l'homme, quand il a dû surmonter sa paresse naturelle, au temps de la civilisation naissante. Elle suffît au moins pour montrer l'étroite liaison qui existe, dans la pensée de Comte, entre la sociologie dynamique et la psychologie. Les lois sociologiques, il est vrai, ne peuvent être déduites des lois biologiques. Rien ne supplée à l'observation directe des phénomènes sociaux. Mais le fait même du progrès, qui est l'objet de la dynamique sociale, n'existerait pas sans les « impulsions individuelles qui en sont les éléments propres. »

Sous le nom de progrès, Comte entend une « marche sociale ver? un terme défini, q^oiaue jamais atteint,

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