‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 118 sur 161 · Cours, V · texte numérisé non relu

Cours, V

3o4 LA PHILOSOPHIE AUGUSTE COMTE

"aii xixe siècle, c'est-à-dire à la fondation de la science sociale par Comte. Il y a été conduit surtout, dit-il, par l'étude historique du développement des sciences. Car c'est de toutes les séries sociales celle dont l'évolution est la plus avancée. Aucune autre ne suggère aussi clairement l'idée d'une « progression » dont les termes se succèdent en vertu d'une filiation nécessaire. Pascal en a donné déjà une très belle formule, dans sa Préface du Traité du Vide. N'est-il pas remarquable qu'en esquissant l'idée positive de progrès, il ait été aussitôt amené à l'hypothèse essentielle de la dynamique sociale, c'est-àdire à considérer toute la suite des générations comme un seul homme, qui vivrait toujours et qui apprendrait continuellement1 ?

Toutefois l'idée de progrès, si bien appliquée dès le xvne siècle à l'évolution des sciences, ne pouvait pas alors être étendue à l'ensemble des faits sociaux. Elle rencontrait un obstacle insurmontable dans le moyen âge. On considérait alors celui-ci comme une longue période de recul et de barbarie, bien qu'en fait cette période soit « caractérisée parle perfectionnement universel de la sociabilité humaine. » L'idée de progrès resta donc particulière. Elle lit l'objet de la querelle des anciens et des modernes, dont l'importance n'a pas été assez comprise. L' « éminent » Fontenelle et le « judicieux » Perrault ont fort bien montré, pour l'ensemble de l'activité intellectuelle, ce que Pascal avait déjà établi pour la science proprement dite5.

. Le xvme siècle a été plein de l'idée de progrès. Mais,

faute de suivre une méthode positive, il l'a singulière-

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