‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 137 sur 161 · I. Pol. pos., I, Q · texte numérisé non relu

I. Pol. pos., I, Q

pas du tout indifférent que la morale systématique mette en pleine lumière le but où les efforts de l'homme doivent tendre, d'après sa nature et l'ensemble des conditions où il est placé. En éclairant sa marche, elle aide au progrès aussi efficacement qu'il soit au pouvoir de l'homme de le faire.

Faire, autant que possible, prévaloir les instincts sympathiques sur les impulsions égoïstes, « la sociabilité sur la personnalité », tel est l'énoncé du problème moral, sous sa forme positive1.

Que la nature humaine comporte des instincts sympathiques, ou, sous le nom que Comte leur a donné, altruistes, ce n'est pas un postulat, c'est un fait. La psychologie positive le prouve. C'est une des parties solides de la doctrine de G ail. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer scientifiquement les hommes, les enfants et même les animaux. Sans ces instincts, d'ailleurs, la société ne subsisterait pas. Des métaphysiciens, qui considéraient l'homme comme un être agissant surtout par raisonnement, ont pu imaginer une société fondée sur le consentement exprès ou tacite des parties contractantes. En fait, les hommes obéissent avant tout à leurs penchants. S'ils vivent en société, c'est assurément que leurs facultés affectives les y portent. Sans penchants altruistes innés, point de société et point de morale.

Mais la biologie a prouvé que la vie organique étant

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