‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 15 sur 161 · Cours, III · texte numérisé non relu

Cours, III

a. Cours, VI, 6 '17.

méthodique de liaison et d'extension de nos connaissances. Elle consiste, en tout genre, « dans les relations exactes établies entre les faits observés, afin de déduire du moindre nombre possible de phénomènes fondamentaux la suite la plus étendue de phénomènes secondaires, en renonçant absolument à la vaine enquête des causes et des essences. » Tant que l'on cherche à « expliquer » les phénomènes, l'esprit théologique et métaphysique n'a pas encore disparu. La science positive s'abstient de toute explication de ce genre. Ainsi, Newton a assimilé la gravitation universelle et la pesanteur. Nous ne pouvons savoir ce que sont, au fond, cette action mutuelle des astres et cette pesanteur des corps terrestres. Mais nous connaissons, avec une pleine certitude, l'existence et la loi de ces deux ordres de phénomènes, et nous savons en outre qu'ils sont ideatiques. C'est ce qui constitue leur explication mutuelle, par une comparaison des moins connus aux plus connus. Pour le géomètre, la pesanteur est expliquée quand il la conçoit comme un cas particulier de la gravitation générale. Au contraire, c'est la pesanteur qui fait comprendre la gravitation céleste au physicien proprement dit. Nous ne pouvons jamais aller au delà de semblables rapprochements 1 .

Mais, en même temps qu'elle assimileles phénomènes les uns aux autres, la science a surtout pour fonction de les lier, c'est-à-dire de les déterminer les uns par les autres d'après les relations qui existent entre eux. Toute science, dit Comte, consiste dans la coordination des faits. Si les diverses observations restaient isolées, il

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