‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 154 sur 161 · Catéchisme positiviste, p. 3o-3i · texte numérisé non relu

Catéchisme positiviste, p. 3o-3i

a. Poi. pos., I, 4n.

l'idée d'humanité 391

sont-ils incorporés que par leurs plus nobles éléments. La mort leur fait subir une <( épuration. »

Cette théorie permet à Comte d'atteindre à la fois deux résultats qu'il juge également désirables. En premier lieu, l'idée religieuse de l'humanité reste en parfait accord avec l'idée qu'en donnaient la biologie et la sociologie. L'humanité conçue comme Grand-Etre, c'est une sorte d'hypostase des fonctions par où l'homme tend à se distinguer de l'animal. Elle est la réalisation progressive, à travers le temps, des virtualités d'intelligence et de moralité que contenait la nature humaine : elle en est aussi la personnification idéale. En ce dernier sens, elle devient un objet d'amour et d'adoration. Et comme les individus qui y sont réunis n'y participent que par la meilleure partie de leur être, le positivisme aboutit naturellement à la « commémoration » des grands hommes, bienfaiteurs de l'humanité. C'est là une des idées religieuses qui se précisèrent de très bonne heure dans l'esprit de Comte.

D'autre part, le désir de l'immortalité est très vif dans le cœur de l'homme. Comte, par principe, reconnaissait une valeur, au moins provisoire, à tout ce qui naît spontanément de la nature humaine. Il voyait dans la science un prolongement de la « raison publique », dans la morale systématique, un développement de la morale spontanée. Il devait donc tenir compte de la tendance presque irrésistible qui pousse l'homme à vouloir triompher de la mort1. Cette tendance s'est satisfaite, jusqu'ici, au moyen d'illusions. Mais les croyances de cette sorte sont devenues incompatibles avec le progrès

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