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Discours sur l'Esprit positif

LA PHILOSOPHIE d'aLGLSTE COMTE

de notre évolution mentale, De plus, on a beaucoup exagéré l'efficacité sociale des craintes ou des espérances relatives à la vie future. En fait, dit Comte, (et la science des religions lui donne raison sur ce point), la tendance à désirer, et par suite à croire, que l'homme survive à sa fin organique, a existé bien longtemps avant qu'on n'en fit usage pour étayer les croyances religieuses, ou pour garantir l'ordre public. Ici encore, la philosophie positive ne nie pas, ne détruit pas: elle transforme. A la notion, chimérique et grossière, de l'immortalité objective, elle substitue la notion, seule acceptable, de l'immortalité subjective. La môme doctrine qui nous ravit les consolations si chères aux générations passées, nous procure une compensation suffisante, en permettant à chacun

d'espérer qu'il sera uni au Grand-Etre.

<( Subsister en autrui » est un mode très réel d'existence . C'est le seul que l'on puisse espérer après la mort ; mais c'est aussi le seul que l'on doive désirer, s'il est vrai que ce qui est le plus nous, en nous, ne consiste pas dans l'individu au sens biologique, mais bien dans l'intelligence et dans la bonne volonté, c'est-à-dire dans l'élément social, ou humain. Celui qui n'a vécu que pour soi, qui a cherché égoïstement la vie, l'a perdue : car la mort le prend tout entier. Celui qui a vécu pour autrui, celui qui n'a pas cherché pour soi la vie, l'a trouvée : car il survit en autrui. Dans les religions du passé, le salut était de s'unir à Dieu : dans la religion positive, le salut est de s'unir à l'humanité.

Incorporé au Grand-Etre, l'individu en devient inséparable2. Soustrait dès lors à toutes les lois physiques,

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