I. Pût. pOS.y I
a. Pol. pos.t II, 60-2.
l'idée d'humanité
il ne reste assujetti qu'aux lois supérieures qui régissent directement l'évolution de l'humanité. Soustrait même aux lois du temps et de l'espace, il peut revivre à la fois dans plusieurs organismes. Ne voyons-nous pas que la pensée d'un poète, d'un artiste, d'un savant anime au même moment un grand nombre de vivants, sur les points du globe les plus éloignés ? L'immortalité subjective, renouvelée par une suite ininterrompue de résurrections successives, durera autant que l'humanité elle-même. « Vivre avec les morts, dit Comte, constitue un de nos plus précieux privilèges1. » Mais, réciproquement, les morts vivent avec nous. Ils vivent en nous, et ceux qui ont été le plus vraiment hommes, ceux qui ont fait l'humanité par l'effort de leur intelligence et de leur volonté, ceux-là sont en nous le meilleur et le plus durable de nous-mêmes. Car c'est cela qui survivra de nous, quand notre génération disparaîtra. Nous survivrons aussi, dans la mesure où nous aurons contribué à accroître cet héritage, dans la mesure où nous aurons bien mérité de nos contemporains et de nos successeurs. La vie présente est une épreuve. La vie « subjective», c'est-à-dire l'incorporation à l'humanité, est à la fois un affranchissement et une récompense pour ceux qui seront sortis victorieux de cette épreuve2. On voit à quel point l'ancien idéal moral et religieux subsiste dans la conception positive. On en est peu surpris, quand on sait que Comte, vers la fin de sa vie, faisait de Y Imitation sa lecture quotidienne.
C'est donc en l'idée d'humanité, comme en leur centre, que convergent les idées scientifiques, sociales