‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 21 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La science (suite).

La perfection du système positif, vers laquelle il tend sans cesse, quoiqu'il soit très probable qu'il ne doive jamais l'atteindre, serait de se représenter tous les divers phénomènes observables comme des cas particuliers d'un seul fait général, tel que celui de la gravitation, par exemple. Identité foncière des phénomènes, réduction des lois particulières à une loi suprême : c'est un idéal qu'il n'est pas interdit de concevoir. Comte, ^ après d'Alembert et Saint-Simon, l'a formulé lui-même au commencement du Cours de philosophie positive1.

Par malheur, cet idéal n'est pas réalisable. Nous appliquons une intelligence très faible à un monde très compliqué2. L'unité que nous établirions au mépris de l'expérience serait naturellement sans valeur. Or, il semble que les diverses catégories de phénomènes nous soient données comme irréductibles3. S'il en est ainsi, la poursuite de l'unité scientifique est « irrationnelle. » Comte a fini par la traiter « d'absurde utopie4. »

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