Pol. pos., I, 48i
nique, ni le social au biologique. A chaque degré, quelque chose de qualitativement nouvèau apparaît. Que nous puissions ou non mettre en équation les relations des phénomènes, leur hétérogénéité subsiste, irréductible .
Ce qui est vrai des phénomènes l'est aussi de leurs lois. Chaque ordre de phénomènes a ses lois spéciales, outre celles qui résultent de ses relations avec les ordres moins compliqués et plus généraux1 . Il faut donc abandonner l'idée d'une loi suprême d'où toutes les autres se déduiraient. Même à l'intérieur de chaque science fondamentale, il est douteux que J'unité rêvée puisse jamais être atteinte. Le nombre des lois vraiment irréductibles est beaucoup plus considérable que ne se l'imagine une fausse appréciation de notre puissance mentale et des difficultés scientifiques. En physique, par exemple, comment ramener l'une à l'autre l'optique et l'acoustique ? Les considérations physiologiques, à défaut d'autres raisons, s'opposeraient aune telle confusion d'idées2. De même, en biologie, comment réduire les lois de la vie animale à celles de la vie organique ? et en sociologie, les lois de la société humaine, qui comporte une histoire, à celles des sociétés animales, qui n'en comportent pas?
Au lieu donc de concevoir a priori les phénomènes et les lois comme susceptibles d'une « réduction » qui, en fait, est impossible, la méthode positive veut que l'on détermine par l'observation les caractères généraux de ces phénomènes et de ces lois.. KUe établit d'abord les suivants :