lievue Occidentale, 1881, I, p
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la morale, la politique et la religion positives. Est-ce à dire que la pensée de Comte soit restée stationnaire ? Non, très certainement. Elle a évolué de 1822 à 1857. Mais cette évolution a suivi une courbe qu'un observateur attentif aurait pu esquisser d'avance, après avoir lu le Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société. Il n'y a qu'une et non pas deux doctrines d'Auguste Comte. Depuis les opuscules de sa vingtième année, jusqu'à la Synthèse subjective, c'est une même pensée qui se développe.
L'unité de la doctrine a été contestée.
Comte distinguait lui-même dans sa vie deux « carrières » successives. Dans la première, dit-il sans fausse modestie, il a été Aristote ; dans la seconde, il sera saint Paul. Le fondateur de la philosophie n'a fait que préparer les voies à l'organisateur de la religion. « J'ai systématiquement voué ma vie à tirer enfin de la science réelle les bases nécessaires de la saine philosophie, d'après laquelle je devais ensuite construire la vraie religion 1 . »
Or, plusieurs disciples de Comte, et non des moins illustres ni des moins fervents d'abord, tels que Littré, refusèrent de le suivre dans sa « seconde carrière. » Leur admiration pour le philosophe ne put leur persuader de se soumettre au pontife.
Littré et ses amis étaient sans doute libres de ne suivre Comte que jusqu'à un certain point, et, tout en