‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 30 sur 161 · Sjsième de la nature, II · texte numérisé non relu

Sjsième de la nature, II

IOÔ LA PHILOSOPHIE d'aUGU&TE COMTE

nous pourrions l'imaginer. L'analyse pathologique démontre, par exemple, que l'action perturbatrice de chaque organe sur l'ensemble de Féconomie est fort loin-d'être toujours compensée par son utilité à l'état normal. « Si, entre certaines limites, tout est nécessairement disposé de manière à pouvoir être, on chercherait en vain, dans la plupart des arrangements effec- \ tifs, des preuves d'une sagesse supérieure ou même égale à la sagesse humaine1. »

Etendant ces considérations à la totalité des phénomènes connus de nous, Comte conclut à peu près comme le fera plus tard Cournot. Il s'établit un ordre de la nature, puisqu'elle subsiste, puisqu'elle est intelligible, v puisqu'il y a des lois 2. L'idée même de loi n'entraînet-elle pas aussitôt l'idée correspondante d'un certain ordre spontané? Mais « cette conséquence n'est pas plus absolue que le principe d'où elle dérive3.» L'expérience, qui nous révèle cet ordre, nous montre aussi qu'il est imparfait, et d'une imperfection qui croît avec la complexité des phénomènes. Toutes les fois que les conditions nécessaires ét suffisantes pour qu'un système naturel puisse exister se réalisent, ce système existe en effet, si plein d'imperfections qu'il soit d'ailleurs. « Sans doute, une nécessité inévitable qui enchaîne une série d'événements, et un plan prémédité qui les dirige, se ressemblent beaucoup pour les conséquences4. »Mais, si la nécessité est établie, il n'est pas besoin de supposer le plan. Or le principe des conditions d'existence, en

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