I. Cours, I
LES MATHÉMATIQUES l^J
mécanique, est aussi une science naturelle qui a dû a l'analyse ses merveilleux progrès. Ici encore, il faut soigneusement distinguer les données qui sont à la base de la science, et qui sont des faits, d'avec le développement abstrait que la simplicité de ces faits, et la précision des relations qui existent entre eux, ont permis à cette science de prendre. La distinction n'est pas toujours aisée, entre ce qui est & réellement physique » et ce qui est « purement logique1. » Tl faut cependant séparer les faits fournis par l'expérience, et les conceptions artificielles destinées à faciliter l'établissement des lois générales de l'équilibre et du mouvement.
Ne considérer dans les corps que l'inertie est une fiction de ce genre. Physiquement, la force d'inertie n'existe pas. Nulle part la nature ne nous montre de corps dépourvus d'activité interne. Ceux qui ne vivent pas sont appelés inorganiques, mais non pas inertes. N'y eût-il dans toutes les molécules que la pesanteur, cela suffirait pour empêcher de concevoir la matière comme dénuée de force. Pourtant, la mécanique ne considère que l'inertie des corps. Pourquoi ? Parce que cette abstraction lui est fort avantageuse, « sans présenter d'ailleurs d'inconvénient quant à l'application. » En effet, si la mécanique devait tenir compte des forces intérieures aux corps et des variations de ces forces, la complication deviendrait aussitôt telle, qu'on ne pourrait jamais soumettre les faits au calcul. La mécanique risquerait de perdre son caractère de science mathématique. Et, d'autre part, comme elle ne considère que les mouvements en eux-mêmes, sans aucun