I. Cours, II
spéculations des géomètres sur la mécanique céleste t qui ont tant augmenté la précision des tables astronomiques, il serait impossible de déterminer la longitude d'un vaisseau avec le degré d'exactitude que nous pouvons maintenant obtenir1, »
Nulle science enfin n'a influé plus que celle-ci sur l'évolution de l'esprit humain. Les grandes époques de l'astronomie sont aussi celles de la philosophie cosmologique. La résistance désespérée que le dogme théologicjue opposa à la découverte de Galilée répondait à un juste pressentiment des conséquences que cette découverte entraînait. Admettre que la terre n'est pas le centre du monde, c'était faire un premier pas, et décisif» dans la voie qui éloigne du préjugé anthropocentrique. C'était s'engager à substituer un jour dans la philosophie le point de vue du relatif à celui de l'absolu. C'était introduire l'esprit positif, aujourd'hui dans la spéculation physique, demain, dans la spéculation morale.
Bien que l'astronomie soit une science « éminemment mathématique », la méthode d'observation y est employée. L'astronome, avant de calculer, observe, et il observe encore après avoir calculé. L'art d'observer, qui n'a pas d'usage en mathématiques, apparaît donc ici, et avec lui, la méthode inductive.
En effet, il n'y a pas de « séparation absolue » entre observer et raisonner2. L'esprit n'observe pas d'abord les faits d'une manière réceptive, ou « passive », pour