‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 54 sur 161 · I. Cours, II, i · texte numérisé non relu

I. Cours, II, i

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l'astronomie 169

élaborer ensuite des combinaisons de ces faits. En réalité, toute observation est une combinaison. Gela est particulièrement vrai de l'observation astronomique. Les faits qu'on observe sont en réalité construits. On ne peut proprement voir que des directions, simultanées ou successives, d'après lesquelles l'esprit doit construire la forme ou le mouvement que l'œil n'a pu embrasser. Le mélange nécessaire et constant « entre la prévision et l'inspection », est ici plus intime et plus évident que dans toute autre science.

De même, l'hypothèse, (inséparable de l'observation), peut être étudiée, en astronomie, dans sa simplicité primitive. C'est là qu'elle se présente sous la forme la plus nette, et, si l'on peut dire, la plus révélatrice de sa nature essentielle. Or l'hypothèse, en astronomie, ((sert à remplir les lacunes nécessaires de l'observation. » Elle supplée provisoirement à la connaissance, — non pas des causes, car la science positive ne cherche rien de tel, — mais des faits et des lois que nous ignorons. Par exemple, la simple ébauche géométrique du mouvement diurne resterait impossible sans une hypothèse abstraite que l'on compare au spectacle concret, pour lier les positions célestes. L'astronomie moderne, qui a détruit les hypothèses primitives, envisagées comme lois réelles du monde, en a maintenu la valeur permanente pour représenter commodément les phénomènes, quand il s'agit d'une première ébauche. Et comme nous ne nous faisons point d'illusion sur la réalité des hypothèses, nous pouvons employer, sans scrupule, en chaque cas, celle que nous jugeons la plus avantageuse 1

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