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elle subsister, quand la terre fut réduite à la condition de planète tournant autour d'un soleil comme il y en a une multitude ? Tout d'un coup, les étoiles se trouvèrent transportées à des distances infiniment plus considérables que les plus grands intervalles planétaires. L'esprit humain put sans doute continuer à regarder comme un système le très petit groupe dont la terre fait partie. Mais le système qui embrasse l'ensemble des corps célestes, (s'il existe), lui échappait désormais. Dès lors, « la notion de monde s'est introduite comme claire et usuelle, et, celle d'univers est devenue incertaine et presque inintelligible1. »

Peu importe, d'ailleurs. Car, suivant une maxime, favorite de Comte, ce que nous n'avons aucun moyen de connaître, nous n'avons pas non plus besoin de le savoir ; et tout ce qu'il est de notre intérêt d'apprendre, nous pouvons aussi y atteindre. Ne voyons pas là d'harmonie providentielle. Ce que nous avons intérêt à connaître doit toujours influer en quelque manière eur nos conditions d'existence. Par cela même que cette action se fait sentir, il est inévitable que nous puissions tôt ou tard, directement ou indirectement, en prendre connaissance. Cette réflexion s'applique fort bien à l'astronomie. L'étude des lois du système solaire, dont nous faisons partie, est pour nous d un intérêt capital : aussi sommes-nous parvenus à une précision très grande sur ce point. Au contraire, la notion exacte de l'univers ne nous est pas accessible; mais elle est pour nous sans importance, abstraction faite de notre « insatiable curiosité. » L'indépendance de

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