‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 57 sur 161 · Cours, II, i · texte numérisé non relu

Cours, II, i

l'astronomie 173

notre monde est certaine. Les phénomènes intérieurs du système solaire ne paraissent pas être affectés par les phénomènes plus généraux relatifs à l'action mutuelle des soleils. Nos tables des événements célestes, dressées longtemps d'avance, et en ne considérant d'autre monde que le nôtre, s'accordent jusqu'ici rigoureusement avec les observations directes. En supposant la loi de la gravitation étendue à l'univers entier, la perturbation causée dans notre monde par une masse qui égalerait un million de fois la sienne, et qui serait située à la distance du soleil le plus voisin du nôtre, serait plusieurs milliards de fois moindre que celle d'où résultent nos marées, c'est-à-dire pratiquement nulle.

C'est là, dit Comte, la seule exception à la loi encyclopédique selon laquelle les phénomènes les plus généraux dominent les plus particuliers sans être influencés par eux1. Il en conclut simplement que les phénomènes de notre système sont les plus généraux auxquels des recherches positives puissent s'étendre, et que l'étude de l'univers doit être désormais exclue de la philosophie naturelle. La loi encyclopédique reste alors vraie pour l'ensemble de la philosophie positive.

La délimitation de l'objet de l'astronomie est l'un des points où l'on peut le mieux suivre les modifications successives de la pensée de Comte. Dans Je second volume du Cours de philosophie positive, il attribue à l'astronomie le domaine que lui reconnaissent en général les savants. Il réclame même le parfait désintéressement de la recherche scientifique dans toute l'étendue de ce domaine, comme une condition de son utilité.

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