‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 58 sur 161 · I. Cours, II · texte numérisé non relu

I. Cours, II

L'exemple qu'il en donne, (la détermination des longitudes en mer), est emprunté à Gondorcet. Sans doute, Comte insiste déjà sur la distinction des idées de monde et d'univers, la première seule étant positive. Néanmoins, il admet encore que nous ne renoncions pas complètement à l'espoir d'obtenir quelques connaissances sidérales 1 , et qu'il nous serait très précieux de connaître les mouvements relatifs des étoiles multiples, etc. Mais déjà, dans le sixième volume du Cours, il proscrit en bloc la « prétendue astronomie sidérale, qui constitue aujourd'hui la seule grave aberration scientifique propre aux études célestes2. » Dix ans plus tard, dans le premier volume de la Politique positive, il « régénère » l'astronomie du point de vue synthétique. Il ne se contente plus de la restreindre à la connaissance du système solaire. Il renferme entre d'étroites limites l'étude particulière de notre monde. Il faut que l'astronomie, comme les autres sciences, d'objective, devienne subjective. Au lieu de la « vague » (c'est-à dire indéfinie) étude du ciel, elle doit se proposer la connaissance de la terre, et ne considérer les autres astres que dans leurs rapports avec la planète humaine. L'unité de cette science est à ce prix3.

Ainsi Comte est revenu au monde fermé d'Aristote, avec la terre pour centre. Il le fait remarquer luimême, en indiquant par où il se sépare de la conception antique. « Cette unité, dit-il, existait pour les anciens, mais avec un caractère absolu, qui était alors légitime. » Quand le mouvement de notre planète fut

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