‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 59 sur 161 · Pol. po4., I, 5o · texte numérisé non relu

Pol. po4., I, 5o

l'astronomie 176

connu, on aurait pu se borner à modifier l'ancienne constitution de la science céleste, « en y conservant comme subjectif le centre d'abord supposé objectif. » Cela suffisait pour changer l'astronomie d'absolue en relative. Les anciens se trompaient sans doute en faisant de la terre le centre du monde. Mais, pour corriger leur erreur, il suffisait de dire, le centre de notre monde. La synthèse subjective « concentre, en effet, les études célestes autour de la terre. » Les autres astres ne méritent notre attention que dans la mesure où la connaissance de notre planète le demande. Comte finit par dire, au quatrième volume de la Politique positive, qu'à la rigueur il suffirait d'étudier le soleil et la lune. On peut y ajouter les planètes anciennes, mais non « les petites planètes télescopiques1. »

Ce rétrécissement progressif du domaine de l'astronomie ne marque pas un changement radical dans la pensée philosophique de Comte. Il résulte seulement de la subordination croissante de l'intérêt scientifique à d'autres iutérêts supérieurs. Savoir pour savoir paraît a Comte un emploi blâmable de l'intelligence humaine. Les Newton et les Laplace ont rempli, dans le passé, une fonction nécessaire. L'humanité leur doit une reconnaissance éternelle. Ils ont porté le coup décisif à la philosophie théologique et métaphysique ; ils ont assuré la victoire de l'esprit positif. De leur temps, la spéculation scientifique qui tendait à découvrir les lois des phénomènes, et surtout des phénomènes célestes, était l'occupation la plus sublime et la plus utile en même temps que ces hommes de génie pussent se proposer.

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