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Mais, maintenant que leurs efforts ont abouti à la fondation de la philosophie positive, et cette philosophie ellemême à la « religion finale », il n'y a plus lieu de continuer des recherches dont l'humanité peut désormais se passer. Il faut même « élaguer beaucoup d'acquisitions oiseuses1. » En un mot, du point de vue religieux, Comte, pour remédier à Y « anarchie » de la science, en supprime la liberté.
Ces conséquences, extrêmes, mais logiquement tirées, font partie de l'ensemble des conceptions religieuses de Comte, c'est-à-dire d'un idéal lointain. Elles ne doivent pas faire méconnaître ce qu'il y a de profond dans ses considérations philosophiques sur l'astronomie. Ses réflexions sur les rapports des idées de monde et d'univers correspondent, du point de vue positif, à la première antinomie de la Dialectique transcendentale dans la Critique de la Raison pure. Pouvonsnous jamais mieux prendre conscience de la relativité de notre savoir, qu'en voyant notre connaissance des phénomènes célestes, admirable de précision tant qu'il s'agit du système solaire, se réduire à presque rien, si nous regardons au delà ?
Notre monde périra, et sa disparition, comme son existence, sera peut-être un incident imperceptible. Par la seule résistance continue du milieu général, dit Comte, notre monde doit, à la longue, se réunir à la masse solaire d'où il est émané, jusqu'à ce qu'une nouvelle dilatation de cette masse vienne, dans l'immensité des temps futurs, organiser de la même manière un monde nouveau, destiné à fournir une car-
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rière analogue. Toutes ces immenses alternatives de destruction et de renouvellement doivent s'accomplir d'ailleurs sans influer en rien sur les phénomènes les plus généraux dus à l'action mutuelle des soleils ; en sorte que les grandes révolutions de notre monde ne seraient que des événements secondaires, et pour ainsi dire locaux, par rapport aux transformations vraiment universelles 1 .
Cette échappée sur « l'immensité » de l'espace et de la durée suffit à montrer que Comte n'est pas prisonnier de la petite patrie solaire où il semble s'enfermer. Il se peut que, pour des raisons morales et religieuses, il s'interdise à lui-même d'en sortir. Mais il sait, comme Pascal, qu'il habite « un petit canton détourné de la nature. »