I. Cours, II, 3io
science présente des caractères différents de ceux de l'astronomie. La perfection spéculative d'une science * se mesure par deux considérations corrélatives, quoique distinctes ; par la coordination plus ou moins complète des lois, et par la prévision plus ou moins exacte des faits. Or, sous l'un et l'autre aspect, même en supposant que la physique fasse des progrès très importants, elle restera toujours fort en arrière de l'astronomie. En effet, la science céleste présente une unité presque parfaite ; la physique, au contraire, se compose de plusieurs branches presque isolées les unes des autres, sans que chacune prise à part puisse même ramener toutes ses lois à une loi plus générale. Et quant au second point, tandis qu'un très petit nombre d'observations directes permettent en astronomie la prévision rationnelle et précise de l'ensemble des phénomènes célestes, la physique ne rend possibles que des prédictions en général fondées sur l'expérience immédiate et à courte portée. Sans doule, quelques parties de la physique admettent l'emploi de l'analyse mathématique, (nous verrons tout à l'heure à quelles conditions). Néanmoins, le rôle de l'expérience est infiniment plus considérable en physique qu'en astronomie. Aussi est-ce dans cette science que se présente d'abord la méthode inductive, qui est ensuite utilisée et développée dans les autres sciences positives. Quoique la déduction y conserve un office important, elle cesse déjà ici de prévaloir, parce que, dit Comte, l'institution des vrais prin" cipes commence à y devenir plus embarrassante que le développement des justes conséquences1.