‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 63 sur 161 · PoL pos.t I, 5i6-i · texte numérisé non relu

PoL pos.t I, 5i6-i

l8o LA. PHILOSOPHIE D'AUGUSTE COMTE

La méthode inductive comporte trois procédés essentiels : i° l'observation proprement dite, c'est-à-dire l'examen direct du phénomène tel qu'il se présente naturellement ; 2° l'expérimentation, que l'on définit généralement la contemplation du phénomène plus ou moins modifié par des circonstances artificielles que nous instituons pour le mieux étudier ; 3° la comparaison, c'est-à-dire la considération graduelle d'une suite de cas analogues, dans lesquels le phénomène se simplifie de plus en plus. De ces trois procédés, l'astronomie n'emploie que le premier. La physique ne peut se servir du troisième, réservé à la biologie ; mais elle dispose du premier, et elle institue le second. Nouvelle confirmation de la loi établie par Comte : à la complexité et à la difficulté croissantes des sciences correspond un développement croissant des procédés de méthode positive qui y sont applicables.

L'expérimentation, impossible en astronomie, apparaît en physique. C'est donc là, à son origine, qu'il faut l'étudier. C'est là aussi qu'elle réussit le mieux, et qu'elle donne le plus de résultats. En effet, l'expérimentation vraiment décisive exige la comparaison de deux cas (( qui n'offrent aucune autre différence, directe ou indirecte, que celle relative à la marche du phénomène que l'on veut analyser1. » Sous le nom d'expérimentation, Comte désigne ici nettement ce que J. S. Mill appellera la méthode de différence, c'est-à-dire la plus puissante de ses méthodes d'investigation des phénomènes.

Or, l'expérimentation, ainsi comprise, est extrême-

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