‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 65 sur 161 · I. Cours, II · texte numérisé non relu

I. Cours, II

LES SCIENCES DU MONDE INORGANIQUE l83

mjatique, elles exigent qu'on ait écarté une portion plus ou moins essentielle des conditions du problème. A vrai dire, nous nous trouvons ici en présence du problème général de la traduction du concret en abstrait. Ce problème, admirablement résolu en mathématiques, suffisamment résolu en astronomie, ne l'est qu'imparfaitement en physique. L'art de combiner intimement l'expérience et l'analyse, dit Comte, est encore presque inconnu. Il constitue le dernier progrès de la méthode propre à l'étude approfondie de la physique1. On peut ajouter, et c'est dans la pensée de Comte, que par contre-coup les progrès de cet art seraient utiles à l'analyse elle-même.

L'astronomie est parvenue à un état de positivité parfaite : toute trace d'esprit métaphysique en a disparu. Peut-on en dire autant de la physique ? Il ne le semble pas, à voir les hypothèses qui jouent un si grand rôle dans cette science, et dont quelques-unes sont vivement combattues par Comte.

Comment distinguer les bonnes hypothèses des mauvaises, celles qui sont profitables à la physique de celles qui l'encombrent et doivent être rejetées ? Ce n'est pas là une question que l'on résolve en recourant à des règles abstraites. Il faut, pour y répondre, étudier l'usage des hypothèses là où il est irréprochable, et décider par cet exemple. A mes yeux, dit Comte, l'analyse approfondie de l'art des hypothèses en astronomie

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