I. Cours, III
des diverses substances, naturelles ou artificielles, les unes sur les autres. Il doit donc se servir de la physique, mais non s'y subordonner.
D'autre part, les recherches de physiologie ne sont pas du ressort de la chimie. Ce qu'on a appelé « chimie biologique » n'appartient, selon Comte, qu'à la biologie seule. Que le physiologiste ait passé par l'école de la chimie, cela est naturel, et même indispensable. Mais son point de vue est tout différent de celui du chimiste. En fait, les chimistes se sont montrés inaptes aux études physiologiques. Aucune de leurs nombreuses tentatives n'a pu fixer en biologie un point de doctrine générale. Ils n'ont fourni que des matériaux. Encore ceux-ci ne peuvent-ils servir tels quels au physiologiste, qui est obligé de reprendre les recherches « sous l'influence prépondérante des considérations vitales. » Comte admire la confiance des chimistes qui abordent les questions physiologiques sans en avoir mesuré, ni même soupçonné, les difficultés spéciales. Il est clair pourtant que les analyses chimiques les plus soignées doivent être infructueuses ici, tant qu'elles ne sont point dirigées d'abord par une exacte notion physiologique de l'ensemble du phénomène, et ensuite modifiées par la connaissance des limites de variations normales dont il est susceptible. Or les physiologistes sont seuls compétents pour procéder ainsi *.
Des considérations analogues conduisent Comte à rejeter même la chimie organique. Bien que les phénomènes chimiques nous offrent ce qui, dans le monde inorganique, se rapproche le plus delà solidarité intime
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^propre au vivant, l'un est pourtant irréductible à l'autre. Ce qui est chimique n'est pas encore organique ; ce qui est organique n'est plus purement chimique. Il faut détruire cet assemblage hétérogène et factice qu'on appelle chimie organique, pour en réunir les différentes parties, suivant leur nature respective, les unes à la chimie proprement dite, les autres à la biologie f.
Gomment définir l'objet de cette science, si mal déterminé jusqu'à présent ? Comte sait qu'il va s'écarter beaucoup de l'usage ordinaire des chimistes, mais il ne s'en effraye pas. Car, dit-il, pour comprendre la véritable nature d'une science, il faut toujours la supposer parfaite2. La chimie étant dans un état d'imperfection extrême, le « type scientifique » que le philosophe en conçoit paraîtra très éloigné de ce qui existe à présent. Peu importe, pourvu que ce type soit parfaitement (( rationnel. »
Le caractère essentiel de la science consiste dans la possibilité de prévoir les phénomènes. La chimie aura donc pour objet, étant données les propriétés caractéristiques des substances simples ou composées, placées en relation chimique dans des circonstances bien définies, de déterminer exactement en quoi consistera leur action, et quelles seront les propriétés des nouveaux produits3. D'après cette définition, les données fondamentales de la chimie devraient, en dernier lieu, pouvoir se réduire à la connaissance des propriétés essentielles des seuls corps simples, qui conduirait à celle des divers principes immédiats, et par suite aux combinaisons les