‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 73 sur 161 · I. Cours, III, 3a6 sq · texte numérisé non relu

I. Cours, III, 3a6 sq

mettre en évidence la marche du phénomène observé. Or la nature nous en procure de tels. Les maladies ressemblent à des expériences que l'on peut suivre dans tout leur cours, et jusque dans leur terminaison. Elles sont souvent difficiles à interpréter, à cause de leur extrême complexité, mais moins cependant que la plupart des expériences instituées par nous. Celles-ci sont-elles autre chose que des maladies plus ou moins violentes, brusquement produites par notre intervention, sans que nous puissions en prévoir toutes les suites indirectes et lointaines? C'est l'anatomie pathologique qui a conduit Bichat à ses belles découvertes en histologie et en physiologie. Et à la pathologie il faut joindre la tératologie, qui en est comme le prolongement. Là encore, la nature supplée à des expériences que nous ne saurions pas instituer i.

Quels que soient les secours que la biologie reçoit de ces modes d'expérimentation naturelle, ses progrès ne pourraient être que fort lents, si elle ne possédait en outre un procédé puissant de méthode qui lui est propre : la comparaison. Toute opération inductive, il est vrai, implique comparaison. Nous comparons ce que nous observons à d'autres cas réels et possibles. Nous comparons encore quand nous expérimentons. Mais, dans la méthode proprement comparative, nous ne nous bornons pas à rapprocher deux cas. La comparaison porte sur <x une suite fort étendue de cas analogues, où le sujet se modifie par une succession continue de dégradations presque insensibles2. »

Comment, sans cette méthode, les problèmes géné-

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