‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 81 sur 161 · I. Cours, III · texte numérisé non relu

I. Cours, III

a. Lettres à Valat, p. 89-9 1.

les « lois intellectuelles » par une méthode d'observation intérieure. Ce sont, en un mot, des travaux comme ceux de Condillac, des idéologues, de Reid, etc., qu'il condamne dans leur principe. Il s'agit là de la théorie de la connaissance, et non de ce qu'on appelle aujourd'hui proprement psychologie.

Si, au lieu de rechercher spécialement les lois intellectuelles, on veut étudier les phénomènes psychiques en général, l'observation intérieure deviendra possible dans un certain nombre de cas. Mais elle ne conduira pas au but que l'on voudrait atteindre. Elle exclut l'usage de la méthode comparative, si féconde et si indispensable dans tout le domaine de la biologie. Elle n'étudie que l'homme, et encore, l'homme adulte et sain. Que nous dira-t-elle de l'enfant, de l'aliéné, de l'animal1 ? Ira-t-on, comme Descartes, jusqu'à nier l'existence d'une vie psychique chez les animaux ? Cependant cette vie ne peut pas être étudiée par l'observation intérieure. Il faudra donc avoir recours à une autre méthode.

A vrai dire, il n'y a que deux méthodes qui conviennent à la science de ces phénomènes. Ou bien on détermine avec toute la précision possible les diverses conditions organiques dont ils dépendent. C'est l'objet de ce que Comte appelle la physiologie phrénologique. Ou bien on observe directement les produits de l'activité intellectuelle et morale. Cette étude appartient alors à la sociologie. Mais si, par la prétendue méthode psychologique, on écarte la considération de l'agent, c'est-à-dire de l'organe, et celle de l'acte, c'est-à-dire

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