‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 86 sur 161 · I. Maine de Biran, Œuvres inédites (éd. Cousin), II · texte numérisé non relu

I. Maine de Biran, Œuvres inédites (éd. Cousin), II

définitivement construit, sa psychologie contenait plus d'un germe important et fécond. A la psychologie éclectique, qui n'est pas positive, Comte substituait deux sciences qui le sont. D'abord, une science expérimentale des phénomènes psychiques étudiés dans leurs rapports avec leurs conditions organiques : c'est la psychologie physiologique, dont personne ne conteste plus aujourd'hui la légitimité. Puis, par l'introduction du point de vue sociologique, Comte ouvrait la voie à toute une série d'études qui commencent à se développer, (psychologie sociale, psychologie ethnique, psychologie des foules, etc.). On dit souvent que les lois sociales ont leur fondement dans les lois psychologiques. Mais la réciproque n'est pas moins vraie. Les lois psychologiques, du moins les lois mentales et morales, sont, en même temps, des lois sociologiques, puisqu'elles ne se révèlent que dans l'étude de l'histoire intellectuelle de l'espèce humaine. « Il ne faut pas expliquer l'humanité par l'homme, mais bien l'homme par l'humanité. » Au rvwOi ceaurov de l'ancienne psychologie, la méthode positive substitue ce précepte : « Pour vous connaître, connaissez l'histoire. » L'homme ne prend conscience de lui-même que s'il se replace dans l'évolution de l'humanité.

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