I. Pol. pos., I, 6oa
a. Pol. pos., I, 638-9.
fondamentale de l'homme est invariable. » Évolution, mais non transformation : ce grand principe, transmis par la biologie à la sociologie, domine cette dernière science tout entière. Dans le cours de la longue histoire qui mène l'humanité de l'animalité sauvage à la civilisation positive1, rien d'absolument nouveau n'apparaît. Tout ce qui se manifeste peu à peu préexistait dans la nature de l'homme, — à l'état de virtualité, il est vrai ; et cet état n'aurait peut-être jamais cessé, si un ensemble de conditions favorables ne s'était trouvé réuni.
Les fonctions mentales qui sont indispensables à la vie organique et à la vie animale proprement dites ont atteint très vite le degré de développement sans lequel l'espèce aurait dû disparaître. Au contraire, les « dispositions fondamentales » les plus élevées de notre, nature ont dû rester longtemps latentes, et ne se manifester que peu à peu. Mais, si le développement en a été tardif, il est, en revanche, continu et indéfini. Aussi tendent-elles à devenir prépondérantes, bien que Y a inversion » de l'économie primitive ne puisse jamais devenir complète. L'humanité émerge progressivement de l'animalité. La plus éminente civilisation est donc, au fond, tout à fait conforme à la nature : car elle n'est que la manifestation de plus en plus marquée des propriétés les plus caractéristiques de notre espèce. En ce sens, notre évolution sociale doit être comprise « comme le terme extrême d'une progression continuée sans interruption parmi tout le règne vivant depuis les plus simples végétaux, la