‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 89 sur 161 · I. Cours, V · texte numérisé non relu

I. Cours, V

PASSAGE DE L1 ANIMALITÉ A l'iIUMAISITÉ 2^9

prédominance des fonctions organiques devenant de moins en moins exclusive, pour faire place d'abord à celle des fonctions animales proprement dites, puis enfin à celle des fonctions intellectuelles et morales, dont le développement est la définition même de l'humanité'. »

Ainsi, la chaîne des êtres est ininterrompue. Mais Comte, nous le savons, n'a pas accepté l'hypothèse de Lamarck. Il croit à la fixité des espèces. 11 admet sans doute, dans une mesure que la science fixera un jour, des acquisitions lentement incorporées aux organismes par l'hérédité. Mais il ne pense pas qu'elles aillent jusqu'à transformer les espèces. Toute l'évolution de l'homme doit donc s'expliquer par sa constitution originelle. Au fond, Comte maintient ici, comme partout dans la nature, la parfaite correspondance du point de vue statique et du point de vue dynamique. Le cas de l'homme ne peut pas faire exception à cette loi encyclopédique, qui se vérifie dans tous les ordres de phénomènes, depuis les plus simples jusqu'aux plus compliqués. Comme à l'équation correspond tout le tracé de la courbe, à la « nature fondamentale » de l'homme doit correspondre tout le développement de l'humanité. A celte condition seulement, la sociologie est possible comme science. Or la sociologie positive existe : le postulat est doue légitimé.

La théorie des rapports de l'homme et de l'animal se trouve ainsi déduite des principes généraux de la philo-

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