‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 90 sur 161 · I. Cours, IV · texte numérisé non relu

I. Cours, IV

25o LA PHILOSOPHIE d' AUGUSTE COMTE

sophie positive. Mais elle peut se vérifier aussi, a posteriori, par. la critique des arguments de la théorie adverse, au moyen de l'observation et de l'expérience.

Le premier de Ces arguments, et celui qui fait en général le plus d'impression, oppose l'instinct des animaux à l'intelligence de l'homme. Il représente l'instinct comme aveugle et fatal, l'intelligence comme libre et progressive. Mais cette antithèse ne résiste pas à l'examen des faits. On a tort d'appeler instinct une « tendance fatale des animaux à l'exécution machinale d'actes uniformément déterminés par les circonstances correspondantes, et n'exigeant ni même ne comportant aucune éducation proprement dite. » Cette tendance fatale n'existe pas. C'est une supposition gratuite, peut-être un reste de l'hypothèse cartésienne sur l'automatisme des bêtes. Georges Leroy, dans ses charmantes Lettres sur les animaux, a fait voir que, chez les mammifères et les oiseaux de nos contrées, la fixité dans la construction des habitations, dans les habitudes de chasse, dans le mode de migration, etc., n'existait que pour les naturalistes de cabinet, ou pour les observateurs inattentifs1.

Sans doute, des habitudes peuvent devenir héréditaires. Mais il n'y a là qu'un phénomène commun aux hommes et aux animaux, et ces habitudes se modifient, si les circonstances qui les ont produites viennent à changer. C'est en ce sens seulement que l'on peut admettre la formule de M. de Blainville : « L'instinct est la raison fixée, la raison est l'instinct mobile. » Il faut surtout comprendre que l'instinct ne s'oppose pas à l'intelligence. Que doit-on désigner vraiment par

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