‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 92 sur 161 · I. Pol. pos., H, 329 3o · texte numérisé non relu

I. Pol. pos., H, 329 3o

à-dire à jouer. Certains d'entre eux éprouvent des impressions esthétiques. Ils sont aussi, sans aucun doute, capables de sentiments altruistes. Tantôt ces sentiments se présentent sous la forme d'affections domestiques, et tendent à rendre la vie solitaire insupportable à l'individu. La vie de famille devient alors permanente. Tantôt un animal se voue au service d'une race supérieure. Savons-nous jusqu'où irait le progrès de l'altruisme chez certaines espèces animales, si leur intelligence avait pu se développer davantage, et si les conditions ambiantes leur avaient permis un progrès social plus ; étendu ? 1

Enfin, les animaux ont même un rudiment de religion, si l'on entend par là un essai d'interprétation des phénomènes qui les frappent. Ceux qui sont assez élevés pour manifester, en cas de loisir suffisant, une certaine activité spéculative, parviennent spontanément, de la même manière que nous, à une sorte de fétichisme grossier, consistant à supposer les corps extérieurs animés de volonté et de passions2. « Un enfant, un sauvage, un chien, un singe, voyant une montre pour la première fois, y verront une sorte d'animal. » Mais Comte ajoute aussitôt que la principale différence entre l'homme et l'animal demeure l'impossibihté pour celuici de sortir du plus bas degré du fétichisme, et de s'éleyer à une véritable religion. Aucune société animale (( ne combine assez la sociabilité avec l'intelligence, pour constituer jamais une association religieuse3. » Comte aurait sans doute approuvé la définition de

i. Pol. pos.t I, 6i3-4.

a. Cours, V, 3o.

Page 1