Cours, IV, 193-99; Pol.pos., IV, Appendice, p
s'était formé à l'école de d'Alembert. lia approché plus que personne de la science sociale qui était encore à fonder. Il a admirablement compris que l'évolution de l'espèce humaine, considérée comme un être unique, était soumise à des lois. Il a mis en pleine lumière l'idée de progrès. Mais la sociologie positive n'est cependant pas née avec lui. Il a partagé les préjugés de son temps, au sujet de la perfectibilité indéfinie de l'homme ; ces préjugés ne devaient disparaître que devant la science positive de l'homme intellectuel et moral. De plus, dans la chaleur du combat révolutionnaire, il a méconnu la réalité concrète du progrès dont il avait si bien compris la nécessité abstraite. En peignant les siècles qui ont précédé le xvme siècle sous les couleurs les plus noires, il a fait de l'évolution progressive de l'humanité une sorte de miracle, « doublement inadmissible dans une doctrine qui ne comporte point de Providence 1 . »
Mais bientôt Cabanis et Gall donnent la théorie positive des facultés morales et intellectuelles de l'homme. La Révolution française éclaire d'une vive lumière la période qui nous sépare du moyen âge. Enfin, les théoriciens de la contre-Révolution montrent que la philosophie du xvine siècle, si elle excelle à démolir, est impuissante à reconstruire, et que l'ordre doit être inséparable du progrès. Comte se regarde lui-même comme un Condor cet qui aurait profité de ces leçons et de ces expériences. Il a travaillé avec Saint- Simon, il a lu de Maistre. Bref, il est en possession de tous les éléments nécessaires pour fonder la sociologie *