‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 13 sur 127 · L'Avenir de la Science, p · texte numérisé non relu

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possède : c'est de se soumettre Irop facilement à une autorité extérieure et de se contenter d'une moralité de surface qui consiste en politesse et en vertus négatives. Renan nous confie lui-môme qu'il était né prêtre a priori, comme tant d'autres naissent militaires on magistrats. Jamais l'autorité de ses directeurs n'a peso sur lui '.

Regardons-y maintenant de près, et nous verrons que Renan a travers»' une crise d'un caractère très particulier ; il n'a pas éprouvé" une révolte de la conscience contre une autorité qui voulait l'opprimer. Il le déclare sans ambages: .. Si j'avais pu croire que la Bible et la théologie étaient la vérité, aucune des doctrines pins lard groupées dans le Syllabus, et qui, dés lors, étaient pins on moins promulguées, ne m'eût causé la moindre émotion. Mes raisons furent toutes de l'ordre philologique et critique; elles ne furent

1. « J'eusse été un bon prêtre, indulgent, paternel, charitable, fan-; reproche en mes mœurs. Médiocre partisan des dogmes nouveaux, j'aurais poussé la hardiesse jusqu'à dire, comme beaucoup d'ecclésiastiques, après le concile du Vatican : Posui cuttodiam ori meo. Mon antipathie pour les jésuites se fut exprimée en no parlant jamais d'ein : un fond de gallicanisme mitigé se fût dissimulé sous une profonde connaissance du droit canonique. •< Méditer ce passage et la page qui le précède, Souvenirs d'enfance et de jeunette, pp. 157 158.

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nullement de l'ordre métaphysique , de Kordro politique, de l'ordre moral. Ces derniers ordres d'idées me paraissaient peu tangibles el pliables a tout sens'. » Il n'a jamais trouvé l'autorité mauvaise parce qu'elle prétend s'imposer du dehors : il lui a seulemenl reproché de se tromper : « Le catholicisme suffit à toutes mes facultés, sauf ma raison critique, écrit-il à l'abbé Cognât. Je n'espère pas pour l'avenir de satisfaction plus complote, il faut donc ou revenir au catholicisme ou amputer relie faculté. Cette opération est difficile et douloureuse; mais noyez bien que. si ma conscience morale ne s'j opposait pas, si Dieu venait ce soir me dire que cela lui est agréable, je le ferais». » 11 revient sur cette idée dans toutes ses lettn son ami :"(>ui, si Dieu me demandait d'éteindre ma pensée, j'accepterais. Que de fois j'ai cherché à me mentira moi-môme! .Mais est q au pouvoir de L'homme de croire ou de ne pas croire .' Je voudrais qu'il me fût possible d'étouffer la faculté qui en moi requiert L'examen : c'est elle qui l'ait mon malheur*. »

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